Le mcontentement vis--vis du systme capitaliste est gnralis. Les mouvements de masses, les actions de protestation et soulvements populaires, la lutte des travailleurs contre l'intensification de l'exploitation, et le renforcement du soutien populaire apport ceux qui proposent des projets dmocratiques et de souverainet nationale, aux progressistes et mme aux rvolutionnaires nous fournissent dj quelques indications ce sujet. Dsormais, c'est une enqute publie par la BBC qui confirme que seule une infime minorit dfend le systme tel qu'il est prsent triomphant et plein d'avenir par la propagande des classes dominantes





Un sondage ralis pour la chane de tlvision BBC par GlobeScan, associ au Programme International des Attitudes politiques de l'Universit de Maryland, a montr que, en moyenne, seulement 11% des 29 000 personnes interroges estiment que le capitalisme fonctionne bien et que les efforts visant sa rgulation ne feront que rendre le systme plus inefficace.





D'aprs les interviews menes en face--face ou par enqutes tlphoniques, entre le 19 juillet et le 13 octobre 2009, il ressort, en outre, que ceux qui partagent cette opinion ne dpassent la barre des 20% que dans deux pays 25% aux Etats-Unis et 21% au Pakistan. Dans la plupart des pays, 15 sur 27, le total de ceux qui apprcient le fonctionnement actuel du systme capitaliste et rejette toute tentative rgulatrice est infrieur ou gal 11%.




Toujours sur la vision du capitalisme de libre march (concept propos dans le questionnaire de GlobeScan), l'opinion la plus rpandue est que le systme connat des problmes qui peuvent tre rsolus par la voie de la rgulation et des rformes. En moyenne, 51% des personnes interroges dans les 27 pays, s'inscrivent dans cette perspective.





Dans la mme ide, l'analyse des rsultats montre que, dans 15 des 27 pays inclus dans l'tude, la rsolution des problmes du systme capitaliste par la voie de la rgulation et des rformes recueille des pourcentages au-dessus de la moyenne, le plus enthousiastes apparaissant tre les Allemands, avec 75%.





Il faut un autre systme





Les allemands sont, dans cette enqute, avec les Japonais, ceux qui croient galement le moins au fait que le capitalisme soit condamn et qu'autre systme soit ncessaire, avec 8 et 9%, respectivement. Ce qui ne veut pas dire que les allemands et les japonais soient pour autant satisfaits de la situation actuelle, puisque l'hypothse d'un systme rform et rgul atteint des pourcentages importants de 75 et 66%.





Mais au-del des personnes interroges dans ces deux pays, dans la majorit des 25 autres, la proportion de ceux qui ne voient aucun avenir dans le systme actuel est surprenante 23% en moyenne surtout si on tient compte de la campagne massive de propagande visant faire la promotion du systme capitaliste auprs des nouvelles gnrations.





Dans 11 pays, le pourcentage de ceux qui croient que le capitalisme a chou et qu'il faut un autre systme est suprieur la moyenne. Dans deux autres pays, l'Inde et la Russie, ce pourcentage est gal la moyenne. En Rpublique Tchque, en Pologne et en Turquie, le pourcentage est infrieur de seulement 1% par rapport la moyenne.




Regardons de plus prs les rsultats obtenus en France, 43%; au Mexique, 38%; au Brsil, 35%; et en Ukraine, 31%. Dans d'autres pays comme le Kenya, le Nigeria, l'Espagne, l'Italie, le Panama et le Costa Rica, ceux qui parlent de l'chec de ce systme et veulent un autre systme se situent entre 25 et 31%. En gypte, prs d'un quart de la population (24%) rpond de la mme manire.





La majorit souhaite un tat interventionniste





Si l'tude publie par la BBC rvle des chiffres surprenants quant la proportion de personnes croyant l'puisement du capitalisme en tant que systme, et tant partisans d'un autre systme, alternatif, il n'en est pas moins vrai que, en moyenne, 51% croient qu'il est possible de le rguler et de le rformer. Il faut donc analyser certaines donnes qui nous offrent quelques pistes pour comprendre ce que la majorit des enquts entend par l.





GlobeScan traite la question en se concentrant sur le rle des Etats dans ce processus de rformes et de rgulation, en demandant si les gouvernements doivent jouer un rle plus actif dans la proprit ou le contrle des principaux secteurs productifs, dans la distribution plus quitable des richesses (souligns par nous), ou dans la rgulation des marchs.





La majorit des personnes interroges souhaite que leurs gouvernements respectifs jouent un rle plus actif en contrlant directement et en prenant possession des principaux secteurs productifs, scnario constat dans 15 des 27 pays. Cette optique est particulirement dfendue dans les anciennes rpubliques sovitiques inclues dans l'enqute, la Russie (77%) et l'Ukraine (75%), mais aussi au Chili (72%), en Indonsie (65%), au Brsil (64%), au Panama (63%), au Costa Rica et au Mexique (61% dans les deux cas), en France (57%) et en gypte (55%). En Rpublique Tchque et en Italie, les pourcentages sont de 54 et 53%, respectivement.





Il faut aller aux Etats-Unis (52%), aux Philippines (54%) et en Turquie (72%), pour trouver une majorit de personnes interroges qui ne confierait pas l'tat le contrle direct et la possession des secteurs-cls de l'conomie, et le Japon est le seul pays o une majorit relative toutefois (39%) dfend le statu quo quant au rle que joue l'tat actuellement.





En ce qui concerne une rpartition plus quitable des richesses de la part de l'tat, les rponses son claires. En moyenne, 67% des personnes interroges dfendent cette initiative. Dans 22 des 27 pays, cette opinion est majoritaire, avec des chiffres crasants plus de 3 personnes sur 4 au Mexique (92%), au Chili (91%), au Brsil et en Italie (89%), en France (87%), en Espagne (83%), au Costa Rica (82%), au Panama et en Ukraine (80%), au Kenya (79%), en Allemagne (77%) et en Russie (76%).





Dans les dix autres pays dans lesquels les personnes interroges estiment que l'tat doit jouer un rle central dans la distribution de la richesse produite, trois ont des pourcentages suprieurs 70% et quatre suprieurs 60%. Les Japonais sont les plus sceptiques parmi les majoritaires, 51%, et les turcs ne confieraient pas l'tat un rle de redistribution des richesses, avec 75% qui dfendent l'ide que l'tat devrait jouer un rle moins actif dans ce domaine.





Finalement, quant la soi-disant rgulation des marchs (autre concept propos par GlobeScan) en systme capitaliste, la proportion de ceux qui affirment que le gouvernement doit jouer un rle plus actif est galement majoritaire dans 17 des 27 pays. Avec des pourcentages dpassant les deux-tiers au Brsil (87%), au Chili (84%), en France (76%), en Espagne (73%), en Chine, au Costa Rica et au Panama (71%), en Italie (70%), en Russie (68%) et en Indonsie (67%). Les autres, le Kenya, le Mexique, le Nigeria et l'gypte affichent des pourcentages dpassant la barre des 60%; l'Ukraine, la Grande-Bretagne et l'Australie oscillent entre 54 et 59%.





L'chec de 20 ans d'une campagne de propagande





tant donne la campagne, massive et permanente, apologtique des vertus du libre march qui a touch toutes les gnrations, on aurait pu penser que la majorit des personnes interroges rejetterait l'ide que l'tat qualifi par les propagandistes du systme comme un obstacle au dveloppement des forces conomiques intervienne plus dans l'conomie dans un rle de rgulateur.





Les expressions rbaches par le Capital dfinissant de la mme manire l'tat comme centralisateur , inefficace , dpensier , laissaient supposer galement que la majorit des personnes interroges ne dfendrait pas le contrle public des secteurs-cls de l'conomie et un rle actif dans la distribution plus quitable des richesses. Mais c'est bien cela que nous indiquent les donnes collectes par l'tude de GlobeScan.





Si de ces donnes nous ne pouvons pas en dduire que la majorit de la population dans les 27 pays comprend que l'tat bourgeois est un instrument entre les mains des classes dominantes et que, pour cette raison, sa nature n'est pas rformable et que la contradiction entre le caractre social de la production et l'appropriation prive des moyens de production persistera, il n'en demeure pas moins vrai que la majorit semble s'opposer au soi-disant consensus autour du libralisme et du libre march qui envahissent tous les aspects de la vie humaine, et qui dcouchent sur la marchandisation et la privatisation intgrale.





Dans les pays o la construction du premier tat proltarien au monde a laiss encore des traces historiques, les pourcentages disent bien que la main basse capitaliste sur les secteurs productifs, hier contrls par l'tat, ne convainc pas.





Par ailleurs, il est vident que l'expression systme conomique alternatif nous en dit peu sur la nature de classe de ce systme, mais qui aurait pens que deux dcennies aprs la chute du Mur de Berlin des milliers de livres ayant t publis, la conscience collective pilonne coup de propagande de masse dans tous les mdias; les mmes mensonges et falsifications mille fois rptes sur le Socialisme, tandis que, dans le mme but, on cachait la longue liste des victimes et des misreux que ce systme prdateur et injuste gnrait 23% des personnes interroges le pointeraient du doigt, en affirmant que l'chec patent du systme n'est pas une illusion, qu'elle est bien relle et qu'elle rend imprieuse son dpassement.





Le capitalisme ne tombera pas comme un fruit mr et ses serviteurs feront tout pour maintenir leur pouvoir d'exploitation. Ce sondage ne nous dit pas que les masses attendent un mot d'ordre pour agir et briser la domination de classe. Mais au moins ils nous confirme, de la bouche mme de ceux qui habituellement nous intoxiquent avec des mensonges et des demi-vrits, qu'un nombre croissant de personnes en dduisent que le temps presse pour tourner la page de ce systme, dont la faillite est de plus en plus vidente, en appelant la lutte et au renforcement des forces rvolutionnaires et progressistes qui proposent le changement de systme.





Chute de l'URSS: Un travail de clarification est urgent et ncessaire





L'enqute publie par la chane publique britannique pose galement la question de la destruction de l'URSS, et demande si cela a t fondamentalement une bonne chose ou non . Cette vision est majoritaire dans 15 pays, mais, en calculant la moyenne pondre des 27, nous en concluons toutefois que 22% des personnes interroges considrent que cela a t un vnement ngatif, alors que 24%, toujours en moyenne, ne sait pas quoi rpondre ou affirme ne pas avoir de certitudes sur le sujet.





Des donnes d'une importance cruciale sont celles qui ressortent des rponses cette question dans les pays de l'ancien Pacte de Varsovie, la majorit des russes, 61%, et des ukrainiens, 54%, dfendent l'ide que la destruction de l'URSS a t un vnement ngatif. En revanche, 80% des polonais et 63% des tchques estiment que la destruction de l'URSS a t un vnement positif, partageant ainsi la vision dominante dans tous les pays d'Amrique du Nord et d'Europe de l'Est inclus dans l'enqute.





D'autre part, en dehors de la sphre Occidentale, 69% des gyptiens estiment que la dfaite de l'URSS a t un vnement ngatif, tandis qu'en Turquie, au Kenya, en Inde, au Pakistan et en Indonsie, l'opinion est divise. Dans ces quatre derniers pays, les pourcentages de rponses: je ne sais pas et je n'ai pas de certitudes atteignent des chiffres de 46, 36, 42 et 41% respectivement, dpassant les pourcentages de ceux qui considrent que la dfaite de l'URSS a t une bonne chose . Toujours dans ce quartet, le pourcentage de ceux qui jugent de manire ngative la disparition du Socialisme en Union Sovitique est galement suprieur au pourcentage de ceux qui la jugent de manire positive.





Aux Philippines, l'incertitude approche les 39%, au Panama les 36%, et au Mexique les 42%, des indicateurs qui, si on prend en compte galement les chiffres mentionns prcdemment, laissent croire que parmi les peuples spolis par les grands centres capitalistes, le sentiment dominant est bien que la dfaite de l'URSS a signifi la perte d'un processus fondamentalement positif dans les intrts de ces pays ou, surtout, que le doute subsiste quant au prtendu triomphe du capitalisme, qui les aurait sans doute rendu plus vulnrables l'exploitation imprialiste.





Dans ce domaine galement, les donnes de GlobeScan montrent l'tendue des tches qui s'imposent aux communistes et les potentialits ouvertes la lutte idologique, pour un travail de clarification sur le processus rvolutionnaire sovitique et la construction du Socialisme comme alternative.

Source : http://solidarite-internationale-pcf...-42524492.html