Après 3 ans d'enquête, le parquet de Bobigny a rendu lundi son réquisitoire contre le chanteur, accusé d'avoir tenté de faire avorter de force, dans des conditions atroces, son ancienne compagne. Le procès devrait se tenir en 2009.

Fin de l'enquête sur Cheb Mami. Le parquet de Bobigny a rendu lundi 20 pages de réquisitoire contre le chanteur. « Accablant » selon Le Parisien, qui s'est procuré le texte. Le chanteur est accusé « d'enlèvement et séquestration, violences commises en réunion avec préméditation sur une personne vulnérable, menaces». Il est accusé d'avoir tenté de faire avorter de force sa compagne de l'époque, alors enceinte de lui. Un procès pourrait avoir lieu courant 2009 devant le tribunal de Bobigny. L'ancien « prince du raï » encourt cinq ans de prison.

Les faits, atroces, remontent à l'été 2005, raconte le Parisien. Sa compagne apprend qu'elle est enceinte. Elle est invitée par le biais du producteur du chanteur, Michel Le Corre, à venir assister à un de ces concerts en Algérie. Un piège. Elle aurait alors été endormie à son insu, par une substance mise dans son verre, puis conduite dans une villa du chanteur. Elle subit là un curetage sauvage, par deux femmes, qui tentent « d'extraire son foetus à la main », selon Le parisien. Cheb Mami aurait assisté en personne à cette scène. Mais le foetus est toujours vivant. En mars 2006, une petite fille voit le jour. Un test ADN prouve qu'il s'agit bien de la fille de Cheb Mami.

En rentrant en France, la compagne du chanteur porte plainte contre lui. Le chanteur est alors mis en examen et incarcéré trois mois à la prison de la Santé. A sa remise en liberté, il prend la fuite et se réfugie en Algérie, « où il compte de puissants soutiens » précise Le parisien. Un mandat d'arrêt international est délivré à son encontre. Le chanteur clame de son côté son innocence en 2006 dans un interview à un quotidien algérien.

En France l'ex-compagne du chanteur s'impatiente, car l'instruction a été longue. Son avocate souligne les longueurs de l'enquête. D'autant que la défense n'avait fait « aucune demande d'acte supplémentaire » dans le cadre de l'instruction.

Le Figaro