Union pour la Mditerrane
Isral pousse les pays arabes au boycott

Par son refus d'accepter la participation de la Ligue arabe dans les rencontres de l'UPM, l'Etat hbreu pousse les pays arabes au boycott de cet ambitieux projet.

Il plane comme un vent d'incertitude sur la runion des ministres des Affaires trangres de l'Union pour la Mditerrane (UPM), prvue pour les 3 et 4 novembre prochains Marseille. Raison : les positions inconciliables sur la question palestinienne entre les pays arabes et Isral. Ce n'est pas nouveau, est-on tent de dire. Oui, mais les choses se compliquent davantage.

Selon certaines sources diplomatiques Bruxelles, Isral refuse, carrment, la participation de la Ligue arabe dans les runions organises par l'UPM, alors que l'acte fondateur de Paris, du 13 juillet 2008, de ce nouveau cadre de coopration cens relancer le processus de Barcelone, nonce clairement que la Ligue arabe est associe en permanence la mise en route de l'UPM.

Dans une interview accorde Med-Afrique, journal lectronique indpendant, l'ambassadeur reprsentant la Ligue arabe auprs de l'Union europenne (UE), M. Abdelwahab Derbal, insiste sur le dtail: La version anglaise de la dclaration finale du Sommet du 13 juillet de Paris oblige la coprsidence inviter la Ligue arabe (Shall be invited) toutes les runions (to the meetings) d'une faon permanente (in pursuance), tandis que la version franaise dit que la Ligue sera invite et non pas doit tre invite. Isral s'est saisi de la version franaise pour s'opposer la participation de la Ligue arabe.

Face aux pressions d'Isral, une majorit de pays arabes inclus dans le projet de l'UPM, c'est--dire ceux de la rive sud et est de la Mditerrane, sont prts boycotter la rencontre de Marseille comme toutes les autres rencontres d'ailleurs. Cette attitude de l'Etat hbreu conforte ainsi la thse de ceux qui soutiennent que l'UPM n'est rien d'autre qu'un cheval de Troie visant briser l'isolement d'Isral au Moyen-Orient (except l'Egypte et la Jordanie).

Pourtant si Isral souhaite, comme il le dit, briser son isolement dans la rgion et lier des relations politiques et diplomatiques avec l'ensemble des pays arabes, trouvera-t-il meilleur cadre que celui de la Ligue arabe (elle vaut ce qu'elle vaut) pour commencer ce dialogue ? Autrement dit, en refusant de s'asseoir la mme table que la Ligue arabe, Isral travaille contre son propre intrt. Par ailleurs, faut-il rappeler qu'avant la runion de Paris du 13 juillet 2008, laquelle taient prsents 43 chefs d'Etat et de gouvernement, dont 16 de la rive sud de la Mditerrane, le Conseil europen avait adopt le projet UPM en mars de la mme anne.

En faisant obstacle la reprsentation de la Ligue arabe dans les politiques euro-mditerranennes, Isral remet en cause les engagements officiels de l'Union europenne.

M'hammedi Bouzina Med - Quotidien Oran