Qu'est ce qu'à BELKHADEM à cacher?

Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Le Premier ministre avait pourtant prévu de faire de l’adoption de ce texte l’objet même de la réunion du gouvernement. Un texte qui prévoyait, pour rappel, des mesures répressives extrêmement sévères contre la corruption. Or, et selon des sources très bien informées, le ministre d'Etat, représentant personnel du président de la République, Abdelaziz Belkhadem, surprendra tout le monde en exprimant ses réserves : «Le sujet est trop sensible pour être traité aussi précipitamment. Il faudrait au préalable mûrir le sujet et approfondir le débat avant d’adopter un texte quelconque.» Selon nos sources, Belkhadem a longuement expliqué les raisons de ses réserves : «Dans une conjoncture comme celle qui prévaut depuis quelques jours et qui rappelle celle de 1998, nous nous devons d’être très prudents et de faire montre de responsabilité dans le traitement de la question.» Hier vendredi, Belkhadem, qui animait une conférence de presse à l’issue des travaux de la session extraordinaire du conseil national du FLN, dont il est le SG, a, en tout cas, confirmé indirectement cette position. Aux questions des confrères portant sur ce sujet brûlant de l’actualité, Belkhadem a eu ces réponses : «Il y a plusieurs types de corruption : détournement, vol, favoritisme, délit d’initiés, etc. Si le problème est un problème de vol, il faut le traiter comme tel, si c’est du favoritisme, il faut le traiter comme tel et ainsi de suite. Oui, il faut punir et le corrompu et le corrupteur. Mais dans tous les cas, il faut en finir, bannir cette culture du doute généralisé car il y a bien des cadres honnêtes et propres dans le pays.» Pour Belkhadem, «les scandales (liés au phénomène de la corruption) ont toujours existé et rien ne dit qu’ils n’existeront pas à l’avenir. D’ailleurs même lors des élections aux assemblées nationales, il y a eu des cas de corruption, de l’argent sale. Mais dès lors que ces scandales sont dévoilés, cela signifie qu’il existe une volonté politique de combattre ce fléau». Toutefois, Belkhadem estime qu’il «faut laisser cette question aux spécialistes (la justice, les services de sécurité), et à ce stade pénal, la responsabilité est individuelle. L’on ne peut évoquer la responsabilité morale ou politique qu’après que la justice eut fait son travail». Pour revenir à la dernière réunion du gouvernement, nos sources nous confient encore que l’intervention de Belkhadem avait été saisie au vol pour les ministres du MSP. Pourtant réputé pour être le parti le plus «indiscipliné» depuis qu’il a intégré le gouvernement sous Zeroual, le MSP découvrira, subitement, via ses ministres, «la nécessité de faire montre de solidarité gouvernementale en toute circonstance». Il faut dire que les scandales touchent pratiquement tous les départements gérés par le parti de Aboudjerra (Travaux publics, Pêche, Commerce...). Involontairement, Belkhadem aura peut-être donné un répit aux ministres du MSP et, surtout, à Chakib Khelil. Mais au sortir de cette réunion du gouvernement, une seule certitude, Belkhadem n’aurait jamais agi de la sorte sans en être chargé par celui qui l’a nommé au poste de «ministre d’Etat, représentant personnel du président de la République». Il faut préciser, d’ailleurs, qu’en vertu de ses nouvelles fonctions au gouvernement, Abdelaziz Belkhadem n’assiste pas à toutes les réunions hebdomadaires du cabinet Ouyahia mais seulement à celles où il est question de dossiers «lourds» soumis par Bouteflika. Pour assister à cette dernière réunion, Belkhadem avait même écourté les travaux de la session jumelée de l’instance exécutive et du conseil nationale du FLN qui devait initialement débuter mardi dernier.