Nicole Dreyfus, avocate de militants nationalistes et communistes algériens, est morte jeudi dernier à Paris, à 85 ans, a annoncé sa famille dans le carnet du Monde daté de mardi. Née le 26 mai 1924 à Mulhouse (Haut-Rhin), Mme Dreyfus devient avocat à la cour d'appel d'Aix-en-Provence en 1946 puis de Paris, à partir de 1947.

En 1956, elle fait partie du collectif de défense du Front de libération nationale (FLN). Connue pour sa rigueur et son attachement face aux faits, cette militante communiste qui a aussi été l'avocate du PCF, de la CGT et du Mrap notamment, s'est engagée toute sa vie pour le combat anti-colonial.

En 2000, elle signait ainsi l'appel lancé par L'Humanité pour demander au président Jacques Chirac et au Premier ministre Lionel Jospin de condamner la torture pendant la guerre d'Algérie.

Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, a rendu hommage à "cette grande dame de la solidarité, cette femme, avocate courageuse des militants du FLN algérien, qui a conduit, sa vie durant, le combat anti-colonial, le combat de la justice, du droit et de la liberté". Mme Dreyfus "a montré avec force et dignité que les crimes du colonialisme ne peuvent être oubliés".

"Tout son engagement nous rappelle aujourd'hui que rien ne peut être vraiment dépassé tant que la France n'aura pas accepté de reconnaître sa propre responsabilité et la blessure historique infligée à la nation algérienne", poursuit-elle dans un communiqué.

Secrétaire générale de l'association française des juristes démocrates (AFJD), Mme Dreyfus s'est également rendue à maintes reprises dans les pays où les droits de l'Homme et de la défense sont bafoués, de l'Iran à l'URSS, en passant par la Tchécoslovaquie, le Mexique ou la Turquie.

Membre du conseil national de l'Union des femmes françaises (1959-1989), l'avocate, chevalier de l'ordre national du Mérite, a aussi été membre du comité de libération conditionnelle au ministère de la Justice (1990-1996).
AFP