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Discussion: Algérie : Exportations hors hydrocarbures

  1. #1
    Admin Forum Avatar de Toufik
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    Par défaut Algérie : Exportations hors hydrocarbures

    Algérie : Exportations hors hydrocarbures
    De multiples entraves freinent leur développement


    Complexité des procédures douanières, manque de logistique et d’infrastructures portuaires, insuffisance des mécanismes d’aide à l’exportation, autant de contraintes qui découragent l’acte d’exportation.

    “Le développement des exportations hors hydrocarbures en Algérie continue à se heurter à de nombreuses entraves bureaucratiques, notamment du point de vue de la complexité des procédures douanières, du manque de logistique et d’infrastructures portuaires ainsi que de l’insuffisance des mécanismes d’aide à l’exportation.” C’est du moins ce qui ressort de la conférence-débat avec le directeur général d’Algex, organisée hier, à Alger, par le Forum des chefs d’entreprise, dans le cadre du cycle de rencontres avec les administrations en charge des questions économiques. “Les opérateurs économiques renoncent à exporter non pas parce que leurs produits ne sont pas compétitifs, mais parce qu’ils sont outrés par la complexité et les lenteurs des procédures. Il n’y a pas d’attitude favorable à même d’inciter les opérateurs algériens à exporter.

    Nous avons affaire à des gendarmes, à des censeurs et non à des accompagnateurs”, se désole le président du forum, M. Réda Hamiani.
    Ce n’est pas la première fois que les chefs d’entreprise, en général, et les exportateurs, en particulier, interpellent les pouvoirs publics sur les difficultés d’exporter en Algérie, qualifiées à juste titre “de parcours du combattant”. Hier encore, ils reviennent à la charge, pour insister sur la nécessité de mettre en place, en concertation, des mesures adéquates de soutien à l’export et des institutions performantes chargées de promouvoir les exportations algériennes.

    Le P-DG de Cevital affirme que l’Algérie recèle “beaucoup de possibilités pour développer les exportations hors hydrocarbures”. “Nous n’avons aucun problème de compétitivité”, a souligné M. Issad Rebrab, appelant à plus de concertation avec les autorités, “pour éliminer les entraves au développement des exportations et des entreprises”.

    Le patron de Cevital a exprimé son souhait de voir l’accord d’association qui lie l’Algérie et l’Europe “rééquilibré”, d’autant que la révision de cet arrangement devrait intervenir, cinq ans après sa mise en œuvre, donc normalement en 2010. “Il faut rééquilibrer l’accord d’association, signé au détriment des intérêts de l’Algérie”, a-t-il suggéré. M. Issad Rebrab explique qu’en 2002 quand l’accord a été signé, l’Europe était exportatrice du sucre. “L’Algérie à partir de 2009 deviendra exportatrice de sucre et l’Europe deviendra importatrice. Il faudrait que notre gouvernement demande à l’Europe de nous accorder les avantages que l’Algérie leur a accordés auparavant”, souligne le P-DG du groupe Cevital.

    À partir de 2010, notre pays va devenir excédentaire en semence de pomme de terre, donc exportateur de ce produit. Il faudrait que l’accord soit changé en tenant compte de cette nouvelle réalité. Il faudrait aussi solliciter de l’Union européenne l’augmentation du contingent accordé à l’Algérie pour la pomme de terre fraîche. Pour rappel, l’Europe a accordé à l’Algérie uniquement 5 000 tonnes de pomme de terre fraîche à exporter entre le 1er janvier et le 31 mars. M. Rebrab a posé aussi le problème d’installation de centrales logistiques à l’étranger, nécessitant l’autorisation de la Banque d’Algérie. “La loi existe. Le Conseil de la monnaie et du crédit a prévu cette éventualité”, a précisé M. Rebrab, mais les opérateurs n’arrivent pas à obtenir l’autorisation de la Banque d’Algérie.

    Le patron de Cevital demande aussi l’application du même cours de devise à l’achat des matières premières et à l’exportation du produit fini. “Pour éviter la perte de change”, a expliqué M. Rebrab. Le président du Forum des chefs d’entreprise a indiqué qu’il est quasiment impossible d’exporter, en raison des normes mises en place par les pays chantres du libéralisme. La Tunisie, qui dit ne pas appliquer de droit de douanes aux produits algériens, a mis en place une taxe de consommation de 20%.

    En Algérie, le directeur général du Centre national de registre du commerce a relevé que 27 000 sociétés d’importations pour la revente en l’état sont inscrites au registre du commerce à fin octobre 2008, dont 1 500 sont étrangères.

    Elles n’étaient seulement que de 22 000 en 2007, soit 5 000 inscriptions en 10 mois. “Tout est organisé pour l’importation au niveau du port. Le couloir vert demandé par les exportateurs n’est pas encore mis en place”, a regretté M. Hamiani. Mais au-delà des exportations, les opérateurs économiques souhaitent que l’entreprise algérienne soit placée au centre de toute politique économique et qu’ils soient consultés lors des négociations pour la mise en place de zones de libre-échange avec les pays arabes ou autres. M. Rebrab a rappelé que plusieurs projets orientés vers l’exploration sont actuellement bloqués.

    Le projet de trituration de graines oléagineuses de Cevital peut non seulement couvrir 100% des besoins du marché algérien, mais aussi dégager plus de 1,5 milliard de dollars d’exportations. Le patron de Cevital pose une nouvelle fois le problème du foncier, notamment pour les centrales logistiques. “On ne peut pas développer le problème de l’industrie, et donc des exportations, si le problème du foncier n’est pas réglé”, a-t-il averti, suggérant, par ailleurs, “un partenariat État-privé pour la réalisation rapidement de ports logistiques, pour la production mais aussi pour les exportations”. M. Rebrab juge le foncier en Algérie cher par rapport aux prix pratiqués en Tunisie et au Maroc.

    Beaucoup de problèmes entravent aujourd’hui le développement des exportations hors hydrocarbures qui demeurent encore marginales, amenant certains exportateurs à s’interroger sur la volonté réelle de l’état dans ce cadre.

    Meziane Rabhi - Liberté

  2. #2
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    Par défaut Il est encore possible de prendre le train en marche !

    Bravo pour cet état des lieux nécessaire sur les extraordinaires ressources ( potentielles), hors hydrocabures de l'Algérie.
    Toutefois ces gisements de croissance ne sont pas les seuls et il convient ici de souligner que les retours sur expériences mettent en évidence que pratiquement dans tous les secteurs d'activité, les investissements des IDE en Algérie se sont avérés plus que rentables pour les hommes d'affaires étrangers !
    S'agissant de la nouvelle loi de finances 2010, si contestée par certains pays partenaires, il convient de retenir qu'il existe déjà en France ainsi que dans bien d'autres pays, un dispositif similaire, visant à taxer sur le sol français une partie des bénéfices générés par des sociétés ou filiales étrangères.
    C'est ce qu'on appelle le régime des prix de transfert, dont la France a été l'une des pionnières à adopter une législation, en 1996, avec les USA et l'Australie.
    Ainsi l'article 57 du CGI permet très légitimement de mettre en échec les transferts de bénéfices à l'étranger, en cas d'achats ou de ventes de marchandises à des prix minorés ou majorés. Mais également de prestations de services insuffisamment justifiées, de redevances excessives; etc ...
    Au besoin, et pour mémoire je me permets d'ajouter que dans le domaine des prix de transfert et pour éviter des transferts de bénéfices à l'étranger ( en raison de la mondialisation des échanges ), l'Europe elle-même, via l'OCDE a posé depuis 1995 les principes applicables. L'OCDE a retenu la méthode du partage des bénéfices et des comparables sur un marché de pleine concurrence ou accessoirement celle des prix de revient majorés d'un mark up ( taux de retour sur investissement ) !
    Toutefois, et en attendant la mise en place d'une Chambre de commerce Franco-Algérienne digne de ce nom ( à Paris et ce à l’instar de tous les autres pays sérieux ), laquelle aurait le mérite de rassurer, à moindre coût tous les investisseurs … Formons le vœu que nouvelle loi de finances 2010 soit actualisée sur le site de l'ambassade.
    C'est à ces petites choses que l'on pourra réellement attirer les investissements étrangers en Algérie, pays phare, s’il en est en termes de retour sur investissements.
    F. Mecheri, Avocat inscrit auprès de la Cour d'appel de Paris.

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