Airbus n'a pas embauché en CDI le technicien intérimaire Froul Louzaï sur ses chaînes de Saint-Éloi en 2006 au motif de son faciès.

C'est la chambre sociale de la Cour d'appel de Toulouse qui le le dit.

Traîné depuis 2008 devant les Prud'hommes (voir LibéToulouse du 6/02/08 ), en instance puis en appel, (voir au 7 janvier dernier), l'avionneur a eu toutes les occasions de faire dire par ses avocats que, faisant travailler des représentants de 82 nationalités dans ses usines, il était «surpris» de la plainte de cet intérimaire .

Pour preuve de ses bonnes dispositions universelles, Airbus s'était même alors engagé à organiser une série de conférences sur la diversité. Rien n'y a fait. L'entreprise vient d'être condamnée ce vendredi 19 février pour «discrimination à l'embauche en raison de l'origine».

De ce fait, Froul Louzaï se verra verser par son non-employeur 10.000€ de dommages et intérêts. Á ce même titre, Airbus devra aussi verser 1500€ respectivement à la Fédération CGT de la métallurgie et au syndicat CGT-Airbus qui ont soutenu le discriminé tout au long de ses plaintes.

La Haute autorité pour la lutte contre les discriminations (Halde) a elle-même épaulé le plaignant après avoir mené enquête, jugée par elle édifiante, dans les registres d'embauche de Saint-Éloi.

Une intervention de la Halde, en la circonstance représentée par M°Jean-Marc Denjean, a pour effet de porter haut dans le débat public une éventuelle condamnation. Les avocats d'Airbus avaient demandé aux juges de l'appel de ne pas entendre sa plainte. La cour précise au contraire que cette plainte est tout à fait «recevable».

La grosse tâche sera difficile à ravoir sur le plastron de l'avionneur.

GLv.
http://www.libetoulouse.fr/2007/2010...lembauche.html