Des passagers "déshabillés" dans les aéroports? L'idée a provoqué un tollé au Parlement européen où les eurodéputés ont demandé une étude supplémentaire avant toute prise de décision.

Un projet d'introduire à l'échelle européenne des "scanners corporels" dans les aéroports, où les passagers apparaissent nus, a suscité mercredi des réactions indignées dans les rangs des eurodéputés.

Dans un projet de résolution commune qui doit être voté jeudi, les députés européens estiment que les conditions pour prendre une décision en la matière "ne sont pas encore réunies", et réclament de Bruxelles des études sur l'impact économique, éthique, et sur la santé humaine de ces appareils déjà utilisés en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas et en Suisse notamment. Ils émettent "des doutes" quant à la justification de la mesure, envisagée par la Commission européenne, et "sa nécessité dans une société démocratique".

"Ces appareils permettent de voir jusqu'aux parties génitales, si une femme a de gros ou de petits seins", s'indigne le social-démocrate bavarois Wolfgang Kreissl-Dörfler qui voit là l'illustration de la "paranoïa des ministres de l'Intérieur" des 27 en matière de terrorisme.

L'élue verte Eva Lichtenberger estime pour sa part que ces appareils "mettent gravement en cause les droits fondamentaux et la protection de la dignité humaine. Il semble qu'on ne se soit même pas préoccupé de savoir s'ils représentaient un gain réel en matière de sécurité".

Sommé de s'expliquer par le Parlement européen sur ce projet, le commissaire européen aux Transports, l'Italien Antonio Tajani, a affirmé dans la nuit de mardi à mercredi n'avoir encore "pris aucune décision". "Le scanner corporel ne sera jamais rendu obligatoire, c'est une alternative aux fouilles manuelles", a-t-il promis. Et "pour ce qui est des images, ces images ne seront pas enregistrées et ne seront jamais conservées", a-t-il assuré. Il a justifié l'idée en expliquant que les passagers aériens verraient les files d'attente se réduire aux contrôles de sécurité.

"Dans les aéroports où ils existent, beaucoup de passagers choisissent de passer par les scanners corporels", a encore affirmé M. Tajani, précisant que personnellement, il considérait "qu'une fouille manuelle était plus désagréable que le passage dans un scanner. Mais chacun est libre de choisir".

L'Express