Nadir Dendoune

Journaliste reporter d'images, essayiste

Né en 1972, Nadir Dendoune est originaire de l'Île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis, France).

En 1993, il s'envole pour l'Australie et accomplit un raid à vélo de 3 000 kilomètres.

Séduit par le pays, il s'installe à Sydney et obtient la nationalité australienne.

En septembre 2001, soutenu par la Croix-Rouge, il reprend son vélo pour un tour du monde au profit de la lutte contre le sida.

En avril 2002, Nadir Dendoune regagne précipitamment la France pour voter contre le Front national au second tour de l'élection présidentielle.

De mai 2002 à juin 2004, il est animateur socioculturel à l'Île-Saint-Denis.

En septembre 2004, lauréat de la bourse Julien Prunet, il intègre le Centre de formation des journalistes (CFJ) à Paris.

En mars 2003, il s'envole pour Bagdad où je reste quatre semaines.

Bouclier humain, il publie son premier ouvrage en février 2005, relatant son expérience en Irak.

En juin dernier, mon reportage La boxe, une école de la vie remportait le Prix de l'avenir.

Journaliste reporter d'images, Nadir Dendoune collabore notamment à France 3.
http://www.bibliomonde.com/auteur/na...oune-2356.html

Périple australien

En juillet 1993, il s'envole pour l'Australie pour effectuer un périple à bicyclette de trois mois, long de 3 000 kilomètres.

Séduit par le pays, il retourne à Sydney l'année suivante. Il y restera jusqu'en 2001.

En septembre de la même année, il repart sur les routes pour un tour du monde à vélo, en solo, parrainé par la Croix-Rouge australienne, pour « faire plus du bruit contre le sida ».

En mars 2003, il s'envole pour Bagdad où il est bouclier humain.

Le 25 mai 2008, il atteint le sommet de l'Everest, devenant ainsi le premier Maghrébin (et Algérien) à atteindre le Toit du monde.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nadir_Dendoune

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Bouclier humain à Bagdad
par Nadir Dendoune

( Livre )

2005, 15 p., 100 euros

Éditeur : CFD - ISBN : 2950932762

Journal de guerre d'un pacifiste

Bagdad, printemps 2003, Nadir Dendoune débarque dans la capitale irakienne sous les premières bombes américaines : opposant radical à la guerre, il a choisi d'être bouclier humain.

Il s'installe sur un site de traitement d'eau à Al-Dora, un quartier au sud de Bagdad, avec des compagnons de toutes nationalités.

Il y restera jusqu'à l'entrée des troupes de la coalition dans la ville. Durant les trois semaines de cette guerre éclair, Nadir Dendoune tient un journal de bord, qu'il envoie régulièrement par courrier électronique à la mairie de l'Île-Saint-Denis.

Il prend aussi quelque quatre cents photos.

Ces textes et une partie de ces photos sont rassemblés ici pour témoigner d'une aventure humaine et citoyenne, riche en rencontres et en amitiés.

Ce livre est aussi une réflexion sur l'action individuelle et l'engagement : « On avait essayé de me saper le moral avant mon départ en me disant que ça ne servirait à rien de venir ici. Mais c'est comme voter : toutes les voix comptent, toutes les actions comptent ", écrit Nadir Dendoune.

Préface de Stéphane Hessel

http://www.bibliomonde.com/livre/bou...gdad-5467.html

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Lettre ouverte à un fils d'immigré
par Nadir Dendoune

( Livre )
Danger Public
2007, 185 p., 14.5 euros

Collection : Alter - ISBN : 235123135X


« C'est l'histoire de deux citoyens français, apparemment identiques devant la loi. Le premier, c'est toi, Nicolas Sarkozy... »

Fils d'immigré maghrébin, le journaliste Nadir Dendoune a décidé de s'adresser à un autre fils d'immigré, Nicolas Sarkozy.

Il lui raconte sa jeunesse, celle d'un enfant d'une cité de Seine-Saint-Denis, qui a connu la délinquance et la prison, avant de réussir sa vie.

Une expérience qu'il confronte aux slogans du candidat de l'UMP. Nicolas Sarkozy a enfin trouvé à qui parler.

« Je prends un exemple au hasard, pour la démonstration.

Un Hongrois de base, pas français pour un sou, arrive en France et fait un gosse, qui naît dans une clinique du XVIIe arrondissement.

Eh bien, son môme - appelons-le Nicolas - sera Français à 100 %. Droit du sol oblige.

Ca ne viendrait à personne, l'idée de le qualifier "d'origine hongroise", de "Hongrois de la deuxième génération" et de lui poser 3000 questions sur ce qui se passe en Hongrie.

On sait bien qu'il n'en sait rien : il est Français.

On a aussi du mal à s'imaginer, dans une cour de récré, deux gamins insultant le petit Franco-Hongrois : "Eh, dans ton pays, on trouve plein de prostituées !"

"Eh, ton pays, c'est un sacré ramassis de baltringues, qui s'est fait envahir par les chars russes en 56 !".

Plus tard, le jeune Nicolas ne sera pas non plus interpellé par un flic : "Eh, tu m'expliques pourquoi les jeunes Hongrois foutent la merde en France, alors que dans leur pays, ils se tiennent à carreau ?

" Dans un dîner entre personnes de gauche, on ne lui dira pas : "Tu es d'origine hongroise ?

Oh, j'adore le goulache !"

Et on ne lui demandera pas ce qu'il pense de la musique de Liszt ou de Bartok et du dernier bouquin d'Imre Kertesz.

Pourquoi, quand on est jeune "d'origine algérienne", cet anonymat n'existe jamais ?

Je dis "d'origine algérienne", je pourrais dire d'origine "tunisienne", "camerounaise" ou "turque". [...]

Aujourd'hui, prenons une Française bien française, avec ce détail : elle a la peau noire. Eh bien, son enfant à elle devra passer par la case "intégration".

On voit bien que le vrai problème, c'est la couleur de peau. Et on voit bien qu'il n'est pas près d'être résolu !

Alors, je te pose la question : jusqu'à quand devra-t-on attendre pour que nous, les basanés de tout poil, on nous considère comme des Français sans-rien-derrière ?

Quand nous demandons l'égalité, nous voulons dire : la normalité. [...]

Les galères des cités françaises, le chômage des jeunes dans les quartiers, la violence, la délinquance, les "nique la France" "nique la police" ne sont pas des problèmes d'immigration, ni d'intégration, comme tu le prétends.

Ce sont des problèmes entre Français, point. [...]

A la plupart des Français, on ne demande pas grand-chose : aller à l'école jusqu'à 16 ans, payer des impôts, ne pas griller les feux rouges et le priorité à droite, mater TF1 assez souvent.....

Mais moi, en plus, je dois "aimer la France". Mais pour quelle raison ? [...]

Ma parole, c'est à croire que tu ne m'écoutes pas ! Mon daron est arrivé en 1950 par bateau, à Marseille, sans bagages ni visa (pas besoin), mais avec une grosse envie de bosser.

Ca tombe bien : une partie de la France était à reconstruire ! Il a fait comme un Basque qui quitte son Biarritz natal pour aller bosser à Strasbourg !

Tu te vois lui demander de faire des bisous sur le sol alsacien tous les jours ? Et à ses gamins ? [...]

Beaucoup de gens dans notre pays préfèrent l'époque bénir où les Rebeus étaient "discrets". Moi, je dirais "dociles".

Ce sont en général les mêmes qui regrettent le temps où les Noirs, les femmes et les homos étaient, eux aussi, "discrets". [...]

On a tous des grandes gueules, maintenant, et on blablate sur des trucs que les mecs comme toi n'ont pas envie d'entendre.

La France avait besoin d'enfants aussi. Mon père, il en a fait. Plein ! [...]

Alors, la famille Dendoune vivait à six dans une minicabane à l'Île Saint-Denis que le frangin de mon père avait fait construire illégalement. [...]

De bonne humeur, les parents continuaient la procréation.

Une autre frangine naît en 1971 et l'année d'après le petit dernier apparaît : moi.

En tout, sept filles et deux garçons. Neuf Français !

C'est la République qui est contente...

Quel certificat je devais montrer pour te prouver que "chez moi", c'est en France ?

Je ne parle pas de tous ces bouquins que j'ai avalés ces dernière années : Zola, Stendhal, Flaubert, Molière.... Je ne parle pas non plus du diplôme de cuisine française que je possède, grâce auquel je sais mitonner un cassoulet ou un pot-au-feu mieux que bien des Français de souche.

Je te parle de ces références populaires qui sont les mêmes chez tous les Français (en tout cas chez les prolos qui n'habitent pas Neuilly). [...]

On porte notre culpabilité sur notre visage, on paie pour les fautes des autres qui nous ressemblent.

Quand j'entends parler d'un meurtre d'enfant, je me surprends à penser : "Ouf ! L'assassin est un Blanc."

C'est débile, mais c'est un réflexe. Mais est-ce que je tiens tous les Blancs responsables des crimes d'Emile Louis ? [...]

Je voudrais juste que tu comprennes un truc, juste un : que même si je suis un magouilleur de première, un braqueur de banque ou un tueur en série, je n'en reste pas moins un Français.

Car être français, en 2007, ce n'est pas simplement bouffer du porc, boire du pastis à l'apéro, aller à l'église le dimanche, jouer à la pétanque au bac à sable...

La France a changé, t'as pas remarqué ?

Elle est devenue colorée, un peu. Que ça te plaise ou non.

En tout cas, moi, je ne laisserai plus personne remettre en cause ma légitimité à être ici.

Et que je sois un bon citoyen ou un mauvais, que je sois en réussite ou pas, je n'en reste pas moins un Français. [...]

À bon entendeur, Nadir. » (Extraits du livre diffusés dans Marianne du 17 février 2007)

http://www.bibliomonde.com/livre/let...igre-5468.html