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Discussion: Nous sommes une école de pensée

  1. #1
    Membre F.A.M.
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    décembre 2009
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    Par défaut Nous sommes une école de pensée

    Le Soir ( marocain) : Pourquoi cette éclipse de Nadia Yassine ces derniers temps ?

    Nadia Yassine : Il est vrai que j’ai quelque peu disparu du champ médiatique marocain pour des raisons de santé. Je suis cependant toujours vigilante à ce qui se passe ici et ailleurs. Et puis j’ai eu des activités pas trop médiatisées.

    Le Soir : Quel genre d’activités ?

    Nadia YASSINE : A titre d’exemple, j’étais à Barcelone il n’y a pas longtemps, et j’ai participé à une rencontre dans le cadre de l’association Medlink à Rome il y a quelques semaines. Je reviens doucement mais sûrement. De plus, je suis très présente dans les ateliers internes propres à la section féminine.

    Le Soir : Etre la fille d’Abdessalam Yassine, comment est ce que c’est vécu par vous déjà ?

    Nadia Yassine : On ne se pose pas des questions sur son identité, je le vis naturellement. C’est un peu, comme si on demande à quelqu’un : comment vous vivez le fait d’avoir des yeux noirs ou des yeux bleus ? C’est mon père, c’est ma réalité, c’est une appartenance spirituelle aussi. Ceci n’exclut pas le fait que j’ai eu très tôt conscience d’appartenir à une famille qui n’est pas comme les autres. Cela s’est passé lorsque j’avais quinze ans et que mon père fut interné dans un hôpital psychiatrique pour des raisons politiques.
    Avant, j’étais une adolescence insouciante comme les autres, j’avais des projets et des rêves tout à fait classiques et normaux pour mon âge. Après tout a basculé. Ce fut une expérience marquante, c’est le moins qu’on puisse en dire mais depuis, je vis ça comme je respire.

    Le Soir : Cette prise de conscience justement, c’est le catalyseur ? Comment continua la chimie qui a fait de vous ce que vous êtes?

    Nadia Yassine : Toute la vie de mon père fut depuis un long combat dans la non-violence pour la dignité de ce peuple. Ce combat consistait à payer de sa liberté et de son bien-être. On lui intenta un procès pour avoir publié le journal « Assobh » qui lui coûta deux ans de prison dans une citadelle insalubre et infestée de rats et de corruption. Ensuite, il fut assigné à résidence pendant 10 ans. Il continue de subir un harcèlement makhzenien direct consistant à avoir des policiers 24 heures sur 24 devant sa porte, et un harcèlement indirect via une presse achetée. Ceux que la sagesse populaire appelle si bien « kari hnkou » (ceux qui louent leurs « mandibules »).

    Le Soir : On revient un peu à l’age de 15 ans, pour une jeune fille dans la fleur de l’âge, comment s’est exactement opéré ce basculement ?

    Nadia Yassine : J’avais un attachement particulier à mon père. Cela dépassait l’identification génétique à un père dans la mesure où je le considérais comme un maître spirituel dans la proximité duquel je découvrais une approche tout à fait reposante et vivifiante de l’Islam.
    Je me suis tout de suite sentie impliquée dans la lutte. C’était au début, et vu mon âge un engagement émotionnel et la cause de ce père doublé d’un maître spirituel était la mienne. Pour lui j’aurais fait n’importe quoi, et très tôt il m’apprit à être courageuse. Pour l’anecdote, je me rappelle lui avoir souvent emmené le fameux panier de victuailles alors qu’il était interné, et où je cachais des feuilles et des stylos. Il était alors interdit d’écrire, interdit de livres. C’était ma contribution à son action de résistance.
    Ensuite je me suis intéressée réellement à la pensée et j’ai adhéré au projet en pleine connaissance de ses bases et de ses aboutissements. La sincérité de mon père au quotidien et dans ses engagements personnels ne pouvaient que me convaincre de la cause pour laquelle il vivait : celle d’un retour au sens. J’étais partie aussi pour défendre la cause jusqu’au bout.

    Le Soir : On voit que dans le pays, les choses n’ont pas vraiment changé dans le sens haut, il y a toujours un ou deux petits flics qui sont là. Ca peut quand même vous empêcher de respirer quelque fois.

    Nadia Yassine : Ce n’est jamais agréable d’être harcelé sauf si on est masochiste, or on ne l’est pas. Mais on finit par s’habituer surtout quand on a conscience, depuis le début, du prix à payer. Mon père était prêt à payer de sa vie et non pas seulement de sa liberté. Je me rappelle que quand il avait écrit la « lettre ouverte au Roi du Maroc » il avait préparé son linceul. Ce fut un autre fait marquant qui vous laisse considérer toutes les tracasseries policières avec beaucoup de sérénité. De toute façon le Maroc est un pays policier, un pays de flics. Le citoyen marocain vit avec des flics partout autour de lui, voire dans sa tête. On est fliqué jusque dans notre moi profond. Cela s’appelle du conditionnement pour l’autocensure.

    Le Soir : Vous n’avez pas du tout l’impression que ça a changé ?

    Nadia Yassine : Je crois que ça a empiré, je crois que nous sommes livrés pieds et poings liés à une institution policière en manque de rémunération officielle adéquate, une catégorie de personnes avides de gains en l’occurrence. Cela devient de plus en plus grave. La soi-disant sûreté nationale fait des holdups quotidiens et pioche directement dans les poches des citoyens, puisque l’état n’est plus capable de rémunérer correctement les piliers de sa structure. Je comprends quelque part cette caste surexploitée qui a recours à la corruption. Est ce une fatalité ? Le citoyen n’a pas à payer les pots cassés d’un pouvoir complètement pourri. Il faut dire que ça devient étouffant.

    Le Soir : Pour revenir un petit peu à votre père et à son combat, est ce qu’il y a eu un développement depuis ? Justement adolescente, vous adhérez déjà par votre cœur à la cause de votre père et à son combat, par la suite vous intellectualisez la chose, vous entrez dans le fond du débat et du combat. Est ce qu’il y a eu une évolution de vos rapports avec votre père suivant l’age, avec les expériences, avec le cumul des épreuves ?

    Nadia Yassine: Si je dis non, c’est que je ne suis pas normale, je pense qu’on évolue, on ne reste pas adolescent toute sa vie. Il m’a fallu devenir adulte en estompant le côté émotionnel au profit d’une approche plus profonde.
    J’avais un rapport quasi-passionnel avec mon père et une dépendance qui était un peu étouffante pour lui. Maintenant j’ai acquis de l’assurance et je crois que je deviens un petit peu plus mature émotionnellement. J’essaie maintenant d’avoir une attitude de responsabilité par rapport à la pensée qui mérite d’être diffusée et entretenue. Je suis dans une logique d’engagement. Je défends cette pensée dans le sens où j’essaie de la vulgariser et de la rendre accessible, parce que je me sens très proche de ses sources, ce qui est une lourde charge. Voilà, je suis maintenant dans un travail en profondeur par rapport à un énorme héritage intellectuel et spirituel notamment, que j’ai le devoir de transmettre de la meilleure façon possible et par différents moyens. Certaines méthodes peuvent être des méthodes de choc. Je fais allusion à ma sortie sur la République.

    Le Soir : Al Adl Wal Ihsane s’est incarné par abdesalam YASSINE. L’autre aspect, sur le plan médiatique, s’est incarné par Nadia YASSINE. Est ce qu’on n’est pas quelque part dans un système de transmission familiale d’Al Adl Wal Ihsane ?

    Nadia Yassine : Al Adl Wal Ihsane (Justice et Spiritualité) n’a jamais été représenté par mon père. Al Adl Wal Ihsane (Justice et Spiritualité) a été fondé par mon père, certes personne ne le niera. Je pense que c’est qui conduit certains à présenter les choses de cette manière. Ce n’est un secret pour personne, la réduction a été vite faite par des media de masse conditionnés par l’instantané et le sensationnel. Généralement ils ne cherchent pas à développer la profondeur d’une pensée complexe et se tiennent à la déconstruction hypothétique de la partie visible de l’iceberg. On connaît les multiples étiquettes collées au mouvement.

    Le Soir : Vous jouissez donc de la bonne conscience.

    Nadia Yassine : Il ne s’agit pas de bonne ou de mauvaise conscience. On est tout simplement conscient d’être au centre d’un fait qui dérange, parce que c’est une approche dans l’histoire générale du monde arabo-musulman. Il est à fortiori nouveau par rapport à l’histoire proche, l’histoire marocaine en l’occurrence, et cela est tout à fait normal qu’il ne soit pas cernable facilement. L’amalgame le plus facile est celui que l’on peut faire avec la configuration d’une zaouïa,
    C’est le modèle le plus proche dans la mémoire marocaine mais cela n’a rien à avoir avec la réalité d’Al Adl Wal Ihsane (justice et Spiritualité). Mon père a fondé Al Adl Wal Ihsane mais Al Adl Wal Ihsane est une école de l’ijtihad. Il est aussi un ensemble d’institutions, qui contrairement à ce qu’on pense, ont des pratiques beaucoup plus démocratiques que les soi disant partis politiques. Ceux qui se donnent la peine de se pencher de plus près sur le mouvement le découvrent en observant le fonctionnement de ces institutions. Mon père en est certes le père spirituel, mais il n’a jamais eu la main sur la sphère de prise de décision.
    C’est le Conseil d’Orientation (Majlisse al Irchade), c’est le Conseil de Concertation (Majlisse Choura), c’est le Secrétariat Général (Al Amana Al Amma) par rapport au cercle politique, qui en sont les dépositaires.

    Et pour en revenir à votre questionnement, ma petite personne a aussi intéressé dans le sens où c’est quand même une image assez iconoclaste de l’ « islamiste de service ». Parce que tout d’abord je suis une femme, ensuite il se trouve que je parle une langue qui n’est pas l’arabe et ça séduit toujours une certaine presse en mal de sensationnel, et j’étais vraiment la personne idéale pour faire des manchettes. C’est vrai que quelque part Al Adl Wal Ihsane est parfois victime de cette médiatisation, mais ce n’est pas de notre faute. Le fait qu’on n’ait pas droit à une tribune officielle a joué aussi en faveur de cette sélectivité et de la promotion médiatique de certaines figures du mouvement et pas d’autres, mais franchement je ne représente pas exclusivement Al Adl Wal Ihsane (Justice et Spiritualité). Le mouvement est beaucoup plus riche que ma petite personne et beaucoup plus intéressant que ce que je peux représenter. Je suis une facette qui est peut être intéressante, et je veux juste en passant signaler un fait important qui expliquerait également l’engouement médiatique qui m’a accompagné depuis des années. Dans les années 80, alors que la chape de plomb était à son summum avec Hassan II et que le mouvement n’était pas reconnu, j’avais une certaine couverture légale à parler au nom de mon père, ce que les membres du mouvement n’avaient pas. Depuis on a pris l’habitude de m’interviewer.

    Le Soir : Et en plus il y a un côté exotique.

    Nadia Yassine : Oui, exotique et iconoclaste

    Le Soir : Concernant Al Adl Wal Ihsane aujourd’hui, qu’en est-il vraiment ? Il y a un an et demi à peu prés, c’était les sorties médiatiques énormes. Je douterais un peu de la véracité de tout ce qui a été publié, parce que c’est trop énorme d’un point de vue rationnel et c’est difficile à assumer même si on y croit vraiment. Que s’est il passé à ce moment là ? Quelles sont les vérités à retenir de toutes les sorties de 2006 et puis après qu’est ce qui s’est réellement passé ?

    Nadia Yassine : 2006 est une énorme tempête dans un verre d’eau, et les plus déçus n’étaient pas les membres du mouvement. Le mouvement a été victime d’une instrumentalisation de ses approches dont il ne cache pas du tout les racines mystiques. La culture de la rou’ya fait tellement partie de notre culture profonde qu’il y eut une sorte d’effet boomerang. Le pouvoir, voulant ridiculiser le mouvement, a oublié que les croyances populaires ne se sont pas défaits des valeurs occultes bien qu’occultées. Après, l’acharnement des media a diminué. Il est vrai que les media donnent l’impression que la chose n’existe que quand on parle d’elle. Cette accalmie relative a donné l’impression que le mouvement est en perte de vitesse, mais c’est une fausse impression. Nous n’avons pas non plus de tribune officielle à part le site du mouvement, mais qui a accès au net sinon une élite. Est-il utile de rappeler le gros pavé que le Maroc a reçu en pleine figure à travers le dernier rapport de la Banque Mondiale et qui fait de nous un peuple d’incultes ?
    Al Adl Wal Ihsane (Justice et Spiritualité) existe aussi quand on ne parle pas de lui. Il a une stratégie qu’il a lancé depuis 30 ans et il est sûr de sa stratégie : c’est justement l’éducation, et l’éducation, et ça se fait dans la proximité du peuple. Ca se fait au niveau du cercle politique, au niveau des associations, nous avons un contact permanent. Nous avons un plan qui marche depuis 30 ans. Il est vrai que nous n’avons pas les fonds nécessaires à une véritable politique d’enseignement, mais nous avons notre volonté inébranlable et la foi en Dieu et en Ses Promesses d’aider ceux qui sont au service de la justice. Nous n’avons pas 26% du budget national, pourcentage censé financer l’enseignement. Soit dit en passant, où vont ces fonds ? Nous avons donc notre volonté de faire qui nous a poussés à créer des associations qui sont très efficaces quand on ne les harcèle pas ou qu’on ne les dissout pas pour délit d’appartenance à la mouvance « Justice et Spiritualité ».
    Nous sommes bien là ! Nous sommes dans le combat continu, dans la résistance continue, et ça continue. Après tout ce qui s’est passé : la répression sauvage, le harcèlement sans fin, la stigmatisation au niveau de la presse, les procès par centaines qui nous ont été intentés ; le mouvement devrait avoir disparu depuis longtemps. Pourtant, nous sommes là et nous invitons les personnes de bonne volonté à venir voir ce que nous faisons. Nos portes sont ouvertes quand le makhzen ne les ferme pas. Justement, après les journées « portes ouvertes » que nous avons organisées et qui ont provoqué les foudres du makhzen, plus de 900 procès ont été intentés aux militants d’Al Adl Wal Ihsane, nous avons plus de cinq millions de DH de perte en matériels confisqués lors de descentes sauvages et en amendes. Les pertes sont d’autant énormes que le mouvement est autofinancé par ses propres membres. Avec tous ces obstacles nous sommes encore là, notre présence est de plus en plus évidente et le makhzen, lui, le sait parfaitement.

    Le Soir : Parlons de résistance justement et d’actions, dans ce sens on a l’impression que la posture adoptée par Al Adl Wal Ihsane c’est être systématiquement en porte-à-faux par rapport à tout ce qui se passe dans le pays, est ce que ce ne serait pas un peu la question de la facilité, c’est à dire éviter un engagement à visage découvert ?

    Nadia Yassine : Il faut que l’on sache que nous ne sommes pas partis de l’émotion, nous sommes partis de la réflexion. Mon père était quasiment dans le gouvernement il y a un temps, il était à quelque pas, s’il avait voulu rentrer dans les magouilles officielles, de devenir ministre de l’enseignement. C’est un intellectuel de haut vol et non pas le derviche illuminé qu’une certaine propagande se plaît à présenter. La théorie de base qui fonde le mouvement est une réflexion poussée, prenant en considération l’histoire et aussi les réalités politiques qui tiennent de la décolonisation, qui tiennent de la nature du pouvoir et bien d’autres paramètres. C’est un principe de base que de boycotter un pouvoir que nous critiquons systématiquement tant que sa nature demeure inchangée. Ce qui nous intéresse, ce n’est pas l’action politicienne qui entraîne vers des dérives par rapport au sens. Nous sommes une école de pensée, nous avons des ambitions qui sont nettement supérieures au fait de recevoir quelques miettes du pouvoir. C’est aussi une question d’adhésion à la notion de Jihad qui est avant tout une résistance devant l’injustice. Notre Jihad donc consiste à résister dans la non violence à un pouvoir qui happe dans son engrenage quiconque s’y engage sans garanties réelles. La nature du pouvoir n’a pas changé, il n’y a aucun signe de véritable changement. Pas question de nous emballer, nous engager comme ça pour le plaisir de nous engager. Tous ceux qui se sont engagés se retrouvent comme ils sont maintenant, ils se sont tous fait récupérer même s’ils ne veulent pas le reconnaître, pire, ils ne s’en rendent peut être même pas compte.

    Le Soir : Donc vous n’êtes pas du tout partisane de l’idée selon laquelle le changement peut venir de l’intérieur ?

    Nadia Yassine : Si, à condition que l’on déverrouille le système. Je dois vous expliquer qu’il y a deux niveaux dans notre façon de procéder.
    Il y a un travail au niveau du théorique. Nous avons la responsabilité sacrée de dénoncer les abus commis au nom de la Révélation. Notre pensée est donc très subversive par rapport à la nature du pouvoir qui pour nous a pris en otage un message universel et grandiose.
    Mais nous avons choisi aussi d’agir, de ne pas rester dans la contemplation et la réflexion ; et dans nos propositions réelles et concrètes, nous sommes très réalistes. C’est vrai que j’ai déclaré mon adhésion aux principes de la République, mais je l’ai fait sur le registre de la résistance dans la non-violence et non pas comme une proposition immédiate à un Maroc sclérosé depuis des siècles par une monarchisation des esprits. J’ai juste voulu pousser la barre de la liberté d’expression très haut. C’était plus un acte symbolique de levée des tabous qu’une proposition concrète immédiate.

    Le Soir : En effet vous avez bien dit modèle c’est à dire dans l’absolu, théoriquement, de manière académique.

    Nadia Yassine : Exactement. Il était question d’instaurer une culture du débat. C’est pour cela que le jour où j’étais dans la salle du tribunal, et qu’une feuille tombée du ciel (on ne sait pas de quel ciel il s’agissait, le ciel américain paraît-il) fit que le juge s’enfuit sans même lever l’audience ; je lui dis : «Revenez, je tiens à ce procès ». Quelle qu’aurait été ma peine, le peuple marocain aurait gagné une bataille : celle de lever des tabous séculaires, des carcans idéologiques meurtriers. Pour en revenir à votre question première, à côté de cette action de fond, on a aussi des propositions concrètes, très réalistes. Le changement total de la Constitution est, et restera notre revendication pour une véritable participation. On n’est pas des refuzniks par nature mais par nécessité. Si on voit une opportunité, une véritable opportunité de changer la réalité des marocains de l’intérieur, on ne refusera pas du tout de nous engager.

    Le Soir : Cette opportunité là commence à partir de quoi ? Et de qui ?

    Nadia Yassine : De qui ? C’est la bonne question !!! Justement la constitution est basée, taillée, mesurée sur une personne qui détient tous les pouvoirs et donc toutes les richesses. Il s’agit donc de déverrouiller un système des plus autocratiques, en sachant que c’est une aberration que de vouloir conjuguer la démocratie avec l’autocratie.
    Si nous voulons avoir une véritable démocratie au Maroc, il faut commencer par lever ce gros verrou. Les dernières manifestations de cette Constitution anachronique est l’affaire du fameux internaute Fouad Mourtada. Ce système est un système voué à l’arbitraire absolu, au mépris des droits de l’homme. Une pratique courante dans le net devient un crime de lèse-majesté cautionné par l’archaïsme de notre Constitution.

    Le Soir : J’ai lu un petit peu les articles sur lesquels il est poursuivi, c’est 5 ans au minimum.

    Nadia Yassine : Participer au système revient à le cautionner et à cautionner des pratiques archaïques. Commençons par jeter à la poubelle de l’histoire une Constitution octroyée par un roi qui était autocrate, raffiné peut être mais autocrate quand même.

    http://www.nadiayassine.net/fr/#article,13,134,88,
    Si le peuple décide un jour de vivre, il faut que le sort s'y plie, il faut que la nuit se dissipe, il faut que la chaîne se brise
    Abou El Qassem Echabbi
    Mon ami, mon frère, si toi tu ne brûles pas, si moi je ne brûle pas, qui éclairera la route ? Nazim Hikmet

  2. #2
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    Par défaut Idéaux nobles

    Ceux qui possèdent des idéaux élevés et des principes humanistes et luttent pour leur réalisation, souvent au prix de leur vie, sont dignes de soutien et d'encouragement et quelque que soient leur couleur idéologique ou politique : de l'islam aux marxistes en passant par les non-croyants!!! Tous unis pour un monde vraiment libre et sans tyrannies!!! Pour l'égalité, la justice sociale, la paix et l'harmonie entre tous les peuples du monde!!!
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  3. #3
    Membre F.A.M.
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    Par défaut

    Madame Nadia Yassine, vous méritez respect et soutien car vos principes et idées sont généreux, même si je ne partage pas toutes vos opinions. Par vos luttes pacifiques vous bravez le danger que représente la monarchie moyenâgeuse du Maroc
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    Abou El Qassem Echabbi
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