La Nasa a présenté vendredi un nouveau véhicule lunaire, qui doit permettre aux prochains astronautes qui iront sur la Lune de parcourir de longues distances sans porter d'encombrants scaphandres.



Ce véhicule pressurisé, porté par six trains de deux roues, est à l'essai dans un désert rocheux du nord de l'Arizona, choisi pour sa ressemblance avec la surface du satellite terrestre.

"C'est le renouveau de l'exploration lunaire", a déclaré Doug Craig, responsable de ce programme de l'agence spatiale américaine. Non loin de lui, un astronaute aux commandes du véhicule le fait rouler sur un terrain de roche volcanique, au pied de montagnes à pic.

Cette voiture électrique, qui atteint 10 km/h, est l'un des équipements mis au point par la Nasa dans son programme de retour sur la Lune, qui prévoit d'y envoyer de nouveaux astronautes avant 2020.

Les Etats-Unis espèrent établir une base permanente sur la Lune, avant de lancer des missions habitées vers Mars.

Les astronautes des missions Apollo du début des années 70 ont pu utiliser un véhicule ressemblant à un châssis de jeep, qui permettait de parcourir de courts trajets afin de collecter des échantillons rocheux.

DEUX SEMAINES D'AUTONOMIE

Le prototype de la Nasa dispose d'une cabine pressurisée équipée de sièges et de couchettes. Ses occupants pourraient y vivre jusqu'à deux semaines et parcourir un millier de kilomètres à bord, a indiqué Craig.

Les passagers ne porteraient pas de scaphandre à l'intérieur, d'où ils pourraient voir leur environnement par de larges fenêtres.

Ils pourraient toutefois sortir en enfilant des combinaisons maintenues à l'extérieur du véhicule, en passant par un sas fixé dans le dos du scaphandre. Ainsi, les poussières abrasives du sol lunaire resteraient à l'extérieur, sans envahir l'habitacle comme les astronautes d'Apollo en avaient fait la désagréable expérience.

"On n'enfile le scaphandre que lorsqu'il faut aller à la surface ramasser des roches", a indiqué l'astronaute Mike Gernhardt, vétéran de quatre missions à bord de la navette spatiale, en emmenant des journalistes faire un tour à bord du véhicule.

"Tant que l'on fait des observations, on peut rester au chaud et à l'aise, en t-shirt dans la cabine pressurisée au lieu d'être en scaphandre. On peut faire bien plus d'exploration, on est plus productif et franchement, c'est bien plus sûr que ce qu'on avait à l'époque du programme Apollo."

Version française Gregory Schwartz
Reuters