D’où provient votre argent et comment avez-vous aquis vos biens ?

C’est sans doute des questions parmi les plus redoutées par les tenants des fortunes mal acquises.

Depuis quelques mois, la direction générale des Impôts s’intéresse de près au train de vie des Algériens.

Certains signes extérieurs de richesse attirent la curiosité des inspecteurs des Impôts qui surveillent notamment les ventes de voitures de luxe, les propriétaires de villas somptueuses, les titulaires de comptes bancaires bien remplis et les transferts de liquidités.

Le fisc a demandé par exemple aux concessionnaires automobiles de transmettre la liste des acheteurs des voitures de luxe dont le prix dépasse les 3 millions de dinars.

Les banques obligées de coopérer étroitement avec les services de la lutte contre le blanchissement d’argent ont durci les conditions de transfert de liquidités pour les particuliers.

La Banque de l’agriculture et du développement local (BADR) refuse systématiquement le transfert d’importantes sommes en liquide entre particuliers.

Des opérations de vérification approfondies de la situation fiscale d’ensemble (VASFE) ont concerné de nombreuses personnes.

Certaines ont reçu des redressements fiscaux de plusieurs milliards, selon une source proche de la direction des Impôts.

En cas de suspicion sur la provenance de l’argent, le fisc procède à cette vérification pour déterminer si pour un contribuable donné « ses revenus déclarés lui permettent de posséder une voiture de luxe », explique notre source. «Dans le cas contraire, le fisc détermine les revenus réels du contribuable sur la base de son train de vie et procède à un redressement fiscal », ajoute la même source.

En s’intéressant de près au train de vie des Algériens, les Impôts entendent renforcer la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent par les trafiquants, qui pensaient échapper au fisc en mettant tout ce qu’ils possèdent aux noms de leurs proches.
TSA