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Discussion: Chroniques des années de fraises

  1. #1
    Membre F.A.M. Avatar de Ben Harper
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    Des étoiles et des Hommes

    Il en est qui s'imaginent que le monde est à l'envers et veulent le remettre à l'endroit. Une utopie de plus ou de moins ne change rien à l'affaire...? Ils ont l'habitude de se casser la gueule à force d'être rivés aux étoiles. Et ils sont toujours aussi beaux, la tête pleine de bosses, le visage couvert de stigmates. Mais le temps qui s'effiloche à l'allure des passants-subissants leur écorche le coeur et fend leurs yeux immenses. Leur arrive-t-il alors de douter quelque peu? Qu'importe! Tant qu'il y aura des étoiles et des hommes.

    Je ne sais par quel miracle le bal quotidien des crétins n'est pas arrivé à nous travestir. Je ne sais par quel miracle nous n'avons pas rejoins le troupeau des pantins. Nietzche ne s'est-il pas trompé en affirmant que "tout petit est innocent de sa petitesse"?.
    Les yeux se fanent très vite si l'on n'y prend pas garde. Les coeurs pourrissent au moment même où l'on s'accomode du médiocre.
    Ecoute autour de toi. S'il t'arrive d'ouïr une mélodie dans le brouhaha, c'est que tu as réussi à apprivoiser le soleil de ton enfance. Le coeur qui chavire aux vents des légendes.

    Adel Guemar

  2. #2
    Membre F.A.M.
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    Des étoiles et des Hommes

    Il en est qui s'imaginent que le monde est à l'envers et veulent le remettre à l'endroit. Une utopie de plus ou de moins ne change rien à l'affaire...? Ils ont l'habitude de se casser la gueule à force d'être rivés aux étoiles. Et ils sont toujours aussi beaux, la tête pleine de bosses, le visage couvert de stigmates. Mais le temps qui s'effiloche à l'allure des passants-subissants leur écorche le coeur et fend leurs yeux immenses. Leur arrive-t-il alors de douter quelque peu? Qu'importe! Tant qu'il y aura des étoiles et des hommes.

    Je ne sais par quel miracle le bal quotidien des crétins n'est pas arrivé à nous travestir. Je ne sais par quel miracle nous n'avons pas rejoins le troupeau des pantins. Nietzche ne s'est-il pas trompé en affirmant que "tout petit est innocent de sa petitesse"?.
    Les yeux se fanent très vite si l'on n'y prend pas garde. Les coeurs pourrissent au moment même où l'on s'accomode du médiocre.
    Ecoute autour de toi. S'il t'arrive d'ouïr une mélodie dans le brouhaha, c'est que tu as réussi à apprivoiser le soleil de ton enfance. Le coeur qui chavire aux vents des légendes.

    Adel Guemar
    Tu décris à ta façon l'individu crétinisé par le refrain du bâton et de la carotte, par sa mentalité archaïque dépassée de béni oui oui et de benammi...
    Si le peuple décide un jour de vivre, il faut que le sort s'y plie, il faut que la nuit se dissipe, il faut que la chaîne se brise
    Abou El Qassem Echabbi
    Mon ami, mon frère, si toi tu ne brûles pas, si moi je ne brûle pas, qui éclairera la route ? Nazim Hikmet

  3. #3
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    Bonsoir Jalal, je ne suis pas l’auteur de ce texte et ne peut te dire quelle est l'intention de l'auteur. Ce texte est très fort et va au-delà, à mon avis, d’une simple dénonciation des catégories que tu énonces fort a propos. Dans cet écrit d’Adel Guemar, cela figure en arrière plan, il replace volontairement l’Homme au centre des choses et c'est ce qui me plait. Voila brièvement comment je comprends la chose, pour ne pas faire dans le roman fleuve...à bientôt.

  4. #4
    Membre F.A.M.
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    Franchement, je n'ai pas compris tout à fait ce que l'auteur veut dire, peut être qu'il me semble il dénonce les rêveurs, les utopistes?
    Si le peuple décide un jour de vivre, il faut que le sort s'y plie, il faut que la nuit se dissipe, il faut que la chaîne se brise
    Abou El Qassem Echabbi
    Mon ami, mon frère, si toi tu ne brûles pas, si moi je ne brûle pas, qui éclairera la route ? Nazim Hikmet

  5. #5
    Membre F.A.M. Avatar de Ben Harper
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    Citation Envoyé par Jalal Voir le message
    Franchement, je n'ai pas compris tout à fait ce que l'auteur veut dire, peut être qu'il me semble il dénonce les rêveurs, les utopistes?
    Bonjour Jalal, au moment ou tu as écrit j'ai pensé a cette phrase d'Aragon qui dit « Dans la vie, il y a certes un dangereux quotient de rêves, mais dans les rêves aussi il faut savoir lire sa vie, voir plus loin qu’elle. Voir plus loin que soi. »


    Je trouve dans les textes d'Adel Guemar beaucoup de correspondances avec Tahar Djaout...

    "Dans la ville oppressante où il vivait et où il vit encore, le Rêveur avait échafaudé – oh! Il n'ose plus le faire – des rêves sur la cité idéale où il aimerait vivre et voir s'épanouir ses enfants. Il y aurait d'abord de la verdure – arbres et pelouses -, beaucoup de verdure qui fournirait l'ombre, la fraîcheur, les fruits, la musique des fleurs et les gîtes d'amour. Il y aurait des créateurs de beauté, de rythmes, d'idylles, d'édifices, de machines. (...) Mais la vie avait continué, avec son masque de laideur et de désillusion..."

    Tahar Djaout, Petite fiction en forme de réalité
    Ruptures 1993

  6. #6
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    Pour répondre à ta question, je crois qu'il dénonce les mercenaires et les entreprises de récupération.

    Goodbye!

    il y a longtemps
    tu as perdu l'essentiel
    lors d'une razzia en plein été
    le reste tout le reste
    le peu qui fait illusion
    les quelques rêves nécessaires
    à la vie de tous les jours
    sont pourchassés
    diabolisés
    assassinés
    mon pays
    mon beau pays grouille
    de mercenaires en tenue de parade



    Un bout d'une nouvelle que tu retrouveras sur ce lien ci ainsi que l'ensemble de ces textes http://membres.multimania.fr/poesiea.../newpage8.html

    Le Jardin du poéte

    Dans un pays où la fièvre du business provoquée par le mystérieux virus "khozisme" se propageait à la vitesse du son, vivait un poète qui persistait à croire à la beauté et aux valeurs sublimes d'une vie sans fards.

    Aussi, il avait préféré s'isoler sur la terrasse de l'immeuble HLM où il occupait une ancienne buanderie transformée en chambre de deux mètres sur trois. Et la vie s'écoulait pour lui heureuse au fil des aurores et des crépuscules grandioses qu'il pouvait contempler du haut de son perchoir.

    Jusqu'au jour où une idée peu commune vint lui trotter dans la tête. Faire de ce lieu inhabité, infesté d'antennes, un beau petit jardin. Mais c'était impossible et il ne le savait, au fond, que trop. Il balaya d'un revers de main, comme pour l'effacer, l'idée saugrenue qu'il venait d'avoir. Sans doute avait-il alors oublié le pouvoir de son utopie. Il ne put chasser de son esprit l'image d'un jardin aussi beau que ceux de l'antique Babylone, surplombant une ville jadis fort belle mais qui est devenue par la faute de ses habitants d'une laideur insoutenable.

    Il connut alors les affres de l'insomnie et la grande lassitude des journées interminables. " Si seulement j'arrive à avoir un lopin de terre cultivable, loin de la ville! C'est plus simple", se dit-il après mure réflexion. Et dans un excès d'espoir, il décida d'aller consulter l'administration.
    Dernière modification par Ben Harper ; 28/03/2010 à 14h24.

  7. #7
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    Comme il est question de langue et d’identité par ici…Je vous livre un extrait d’un entretien publié dans les cahiers du Cinéma. Le cinéma algérien est né dans le maquis et connaît un tournant avec une génération de jeunes réalisateurs privilégiant dans leurs films le traitement de problémes sociaux. Interrogé après la sortie de son film L’Héritage, Mohamed Bouamari évoquait son parcours, les pressions bureaucratiques de l’ONCIC, la censure, la place du réalisateur. Le film qui me semble le plus emblématique de cette période est pour moi Omar Getlato de Merzak Allouache. Bouamari cite aussi Farouk Belloufa ( Situation de transition) , Rabah Laradji ( La poupée), Lamine Merbah ( L’espoir) que je n’ai malheureusement pas vu.

    Qu’est ce qui te parait aujourd’hui essentiel de dire, notamment par le film ?

    Le problème fondamental maintenant, c’est l’homme, la reconstruction culturelle de l’homme. Le droit au bonheur, la revendication d’une identité, d’une identité complète.

    C’est le thème de ton film l’héritage ?

    Oui aujourd’hui l’Algérie est libre. Elle peut revendiquer son héritage culturel. Tout son héritage culturel qui a été fait d’apports successifs et qu’il faut maintenant revendiquer, assumer, parce qu’il nous appartient. L’Algérie est un pays culturellement très riche. Même s’il y a eu de longues années tragiques, elle doit assumer son histoire, tirer profit de tous les apports successifs que, bon gré mal gré, elle a subis. Elle le peut seulement aujourd’hui, parce qu’elle s’est libérée, qu’elle a entrepris victorieusement sa lutte de libération nationale. Il y a eu les berbères, les grecs, les romains, les arabes, les turcs, les français. Pourquoi du jour au lendemain, l’histoire algérienne n’existerait que depuis Abdel Kader ? Ce qui est important avant tout, c’est d’être un homme, un homme bien dans sa peau, dans son pays, l’Algérie, de voir le monde heureux autour de soi, de voir le bonheur, l’épanouissement de l’homme. C’est peut être naïf, c’est un peu sentimental, mais c’est ça mon problème, sinon la vie n’a pas de raison d’être.

    Tu stigmatises le charlatanisme et le maraboutisme dans un court métrage fameux, Le ciel et les affaires, réalisé en 1967, mais aussi dans L’héritage. Que penses-tu de la religion ?

    L’Algérie est un pays musulman, mais ce ne devrait pas à mon sens etre incompatible avec la laïcité de l’Etat. Je respecte profondément la religion du peuple auquel j’appartiens. Ce que j’ai dénoncé, c’est l’exploitation qui a pu être faite par des charlatans et des affairistes de la crédulité de certains. (…)

    Dans tous tes films, tu as privilégié les problèmes de la femme et aussi du couple. Accès Interdit, le film que tu prépares traite de la difficulté d’accéder à l’amour dans une société encor traditionnelle.

    Oui du droit de vivre l’amour. La femme algérienne qui a, de tout temps, joué un role déterminant à l’occasion de toutes les invasions et dans toutes les luttes pour l’indépendance commence a accéder a des responsabilités politiques et professionnelles. Mais ce n’est pas parce que l’émancipation se réalise à ce niveau qu’elle a accédé à la liberté de vivre son amour. Il y a avance sur le plan politique mais sur le plan sentimental et sur le plan des mentalités et des mœurs il reste beaucoup à faire, et on n’aborde pas ce théme pour l’exposer et en discuter, pour que tout le monde puisse en prendre conscience, on risque d’arriver à un déracinement de la femme.
    Or la femme, pour moi, en Algérie, c’est ce qu’il y a de plus vrai.
    L’homme est un être balloté, a-culturé. Il est un peu aérien, dans l’espace, il n’a pas les pieds sur terre. Alors que la femme, comme dans la tradition méditerranéenne, est la gardienne de beaucoup de choses. La femme est la révélatrice et la détentrice des cultures passées, elle donne la vie, et prolonge la vie. Elle est à la fois la plus équilibrée mais aussi la plus exploitée. Même quand on lui accorde des possibilités, on s’arrange souvent pour qu’elle en soit victime.
    C’est la persistance d’une mentalité féodale. Il faut que la femme puisse accéder à un épanouissement à tous les niveaux. Cet épanouissement conditionne la construction du couple. Personnellement je dois beaucoup a ma femme, plus qu’elle ne me doit. Je suis parti d’Algérie vers l’âge de 7 ans après les massacres de Sétif. Mes parents étaient Khammès. Mon village celui des Bouamari est en ruine maintenant. Mes grand parents et mes arrières grand parent ont fui durant la bataille de la petite Kabylie. Ils ont été décimés ou ont été dispersés. Fattouma a joué pour moi le rôle que tient la femme de l’instituteur dans l’Héritage. C’est elle qui m’a réappris l’Algérie.

    Propos recueillis par Christian Bosséno : 1978

    Je laisse chacun apprécier le chemin parcouru depuis…

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