08 Mars 2010

Nous sommes le 8 Mars.

C’est la journée internationale de la femme. La date a été retenue et officialisée par l’ONU en 1977.

Pour nous c’était bien avant. La véritable date qui marque la renaissance de la femme algérienne est, sans conteste aucun, celle de l’indépendance. Ce jour-là, le 5 juillet 1962, pour la première fois de toute notre histoire, les Algériennes ont brisé leurs chaînes.

Elles sont sorties crier leur bonheur de vivre dans une Algérie enfin indépendante.

On doit à la vérité de dire que ce sont les moudjahidate qui, durant la guerre de Libération, ont, par leur courage et leur sacrifice, au même titre que leurs frères de combat, rendu possible cet élan de la femme.

C’est la génération de Novembre qui a ouvert la marche à l’émancipation de la femme algérienne. Il faut rappeler aux plus jeunes qu’avant cette époque-là, la femme algérienne n’existait pas humainement.

Les hommes la désignait en terme générique de «Dar» (la maison).

D’autres encore plus cruels, disaient carrément «El Mra Hachâk» termes qui traduient toute l’insignifiance et le mépris où l’enfermait la société.

Comme s’il s’agissait d’une bête de somme. Repoussante. Un temps qui paraît très lointain mais dont beaucoup d’acteurs et témoins sont encore de ce monde.

Il y a donc 48 ans, la condition féminine a changé du tout au tout en Algérie. Du jour au lendemain, elle avait le droit de sortir. De voter. D’aller à l’école. Puis à l’université.

De travailler à l’usine, au bureau. Tout est allé très vite. Plus vite en milieu urbain certes, mais l’exode rural était d’un apport certain. 48 ans après, où en est la femme algérienne?

Force est de constater qu’après le boom de l’indépendance, il y a eu comme un tassement moins de deux décennies plus tard.

Les «murs» qu’elle faisait tomber un à un de son propre chef lui paraissent plus «résistants».

Elle n’a attendu «l’autorisation» de personne pour prendre part au combat de la libération.

C’est de sa propre volonté qu’elle est «sortie» une fois l’indépendance arrachée. Ce n’est pas à l’homme qu’elle doit d’avoir franchi les marches de l’université.

Ce n’est pas à la loi qu’elle doit, bien au contraire, la disparition de fait de la polygamie.

Elle ne doit ses avancées à personne ni à aucun texte. Cela veut dire que les clés de son devenir sont entre ses mains.

Qu’elle n’a rien à demander à quiconque. Réclamer des droits alors que l’égalité des sexes est reconnue depuis 1962, n’a aucun sens.

Aujourd’hui, il est question de promouvoir l’entrée de la femme sur la scène politique.

De quotas et d’on ne sait quoi encore. Mais qui d’autre que la femme pourrait le faire?

Mme Louisa Hanoune en est la réponse vivante. Elle n’a pas attendu l’amendement de la Constitution. Elle n’a rien quémandé. Elle a travaillé, prouvé ses compétences, a agi en responsable et s’est battue.

Mme Hanoune n’est pas une extraterrestre. Ce qu’elle a réussi est à la portée de beaucoup d’autres femmes.

Les seules qui ne le pourront jamais seront celles qui ne cessent de réclamer et attendent que les hommes veuillent bien les laisser entrer en politique.

En bref, aucun mur des lamentations ne pourra être utile à la condition féminine. Alors que cessent les fonds de commerce! Le progrès de la femme est en elle.

Zouhir MEBARKI

L'Expression