Faits divers. Quelques dizaines de jeunes militaires du «3» se sont battus avec d'autres jeunes, place Carnot et aux abords.

Incroyable. Presque surréaliste. Le déchaînement de haine auquel nous avons assisté hier soir place Carnot et rue de l'Aigle d'Or est presque inédit. Il rappelle le goût amer et désagréable des ratonnades de 1991…

Nul ne sait vraiment comment les choses ont commencé. Du côté des jeunes militaires, il s'agirait de jets de bouteilles en leur direction. Du côté d'un bar de la rue de l'Aigle d'Or, d'une descente en règle contre « tous ceux qui n'étaient pas blancs » et qui se trouvaient dans l'établissement.

Manifestement, les « non blancs » qui se trouvaient ailleurs en auraient pris, aussi, pour leur grade, sans l'intervention de la police. D'autant plus qu'un jeune homme, bien loin de l'histoire, en a fait les frais. « Je suis sorti d'un resto et je me suis fait tomber dessus », dit-il. Sa pommette rougeoyante en témoigne. Il a pris des coups. « Je n'ai même pas compris », se lamente-t-il.

Vers 22 h 30, hier soir place Carnot, l'on a cru vivre une scène de guerre civile. Des hommes courant partout. Des cris. Des bris de verre. Des barres brandies… Et surtout des prises à parti avec d'invraisemblables cris aux tonalités nazies. Les démons se sont emparés des protagonistes de cette rixe.

Plusieurs patrouilles de police ainsi que la Bac ont ramené le calme et constaté les dégâts. Des arcades amochées, des hématomes, une voiture très abimée... Rien de très grave, sur la forme. Et aucune interpellation. «L'encadrement» des jeunes militaires s'est rapidement expliqué avec les forces de l'ordre tandis que les troupes se rangeaient à l'angle de la rue Courtejaire. Mais de l'aure côté, rue de l'Aigle d'Or, c'est l'icompréhension qui présidait.

Des enquêtes vont forcément être ouvertes et des plaintes déposées. S'agissait-il d'une riposte ou d'une attaque, ou d'un règlement de comptes ?

Les investigations, s'il elles se font, le diront. Jamais, toutefois, elles ne justifieront les les insultes racistes et nazies qui ont été proférées et que nous avons pu entendre.

Il casse une bouteille en verre sur le crâne d'un SDF.

La soirée fut très tendue, hier, place Carnot. En effet, dès 19 heures, un groupe de marginaux et de SDF a élu domicile sur la place, face à la supérette Marché Plus et la tension est rapidement montée entre eux, mais aussi avec les employés du commerce qui, en raison de leur état d'ébriété d'une part, et d'excitation d'une autre, leur ont refusé l'accès au magasin. à trois reprises, la police est intervenue pour faire cesser le chahut et les bagarres entre ces hommes et pour surtout les convaincre de ne pas semer le trouble dans la supérette. Sauf que quelques minutes plus tard, la situation devait finalement (inéluctablement) dégénérer sur la place.

Une énième dispute a éclaté et s'est soldée par une blessure sérieuse pour l'un des protagonistes. En effet, il s'est vu asséner un coup de bouteille en verre sur le crâne. La victime assommée, a été prise en charge par les sapeurs pompiers. L'homme, âgé d'une quarantaine d'années, a été bandé au niveau des yeux puis a été transporté à l'hôpital. Aucun pronostic ne pouvait être avancé en raison de l'important écoulement de sang qui ne permettait pas de savoir si des éclats avaient touché l'œil, dans sa partie externe comme interne.

Toutefois, durant la soirée, l'on nous indiquait que «celà semblait sérieux».

L'intervention des secours a été délicate en raison de l'état d'énervement des protagonistes et deux patrouilles de police ont été mobilisées pour gérer l'événement.

Un suspect a été interpellé sur le champ et aurait reconnu être l'auteur de l'agression. Nous reviendrons sur ce fait divers dans notre édition de demain.

http://www.ladepeche.fr/article/2010...tre-ville.html