L’operateur n’a pas dépassé le cap des 20 000 abonnés
Lacom : une faillite non déclarée


Les raisons de la faillite sont multiples. Au-delà du non-respect de ses engagements envers AT, Lacom a été placée, dès le départ, dans une position de concurrence assez rude.

La situation de l’opérateur privé de téléphonie fixe Lacom se dégrade de plus en plus puisqu’il n’arrive plus à assurer ses engagements vis-à-vis de ses principaux partenaires en Algérie. Les responsables de l’opérateur Lacom sont toujours en assemblée générale ouverte. L’opérateur privé a procédé, déjà, à une compression d’effectifs et a fermé plusieurs boutiques commerciales. Il ne reste que la boutique d’Alger-Centre qui est ouverte. Cette entreprise n’a pas payé, selon nos sources, les frais d’interconnexion avec les opérateurs mobiles et l’opérateur historique Algérie Télécom.

Certains opérateurs ont envoyé, indiquent nos sources, une mise en demeure à Lacom pour lui demander de payer ses créances. Or, l’opérateur privé Lacom se trouve, ajoute nos sources, dans une situation inédite de "faillite financière non déclarée". Le premier responsable d’Égypte Télécom, M. Beshir Akil, a déclaré à la presse : “Nous avons enregistré une perte de 42 millions de dollars durant l’année 2006 et on ne peut pas continuer à investir davantage en Algérie." Ce manager a accusé, rappelle-t-on, l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications (ARPT) d’être responsable de la situation difficile que traverse l’opérateur privé Lacom car "elle n’a pas donné de suite à sa demande concernant le dégroupage avec l’opérateur historique Algérie Télécom".

Cette accusation a été rejetée par l’ARPT qui a souligné que "cette demande ne peut être satisfaite en l’absence d’un texte réglementaire sur le dégroupage". Les responsables de l’opérateur privé ont sollicité, également, l’ARPT pour leur octroyer une autorisation pour l’utilisation de la technologie WiMax en Algérie. Cette autorisation ne pourra pas être accordée, précisent nos sources, à l’opérateur Lacom alors qu’il n’a pas honoré les obligations énoncées dans le cahier des charges de sa licence, notamment en termes de couverture et de déploiement de son réseau technique. L’opérateur privé a commis, selon nos sources, une erreur stratégique en utilisant la technologie sans fil ou le WLL pour la fourniture de services de téléphonie fixe et d’Internet.

Cet opérateur n’a pas dépassé, argumentent nos sources, le cap de 20 000 abonnés depuis son entrée sur le marché algérien. Pis, Lacom n’a pas cessé de revendiquer le dégroupage au lieu de déployer son propre réseau technique. Autrement dit, l’opérateur privé Lacom comptait arracher davantage de concessions et d’avantages de l’État algérien sans prendre aucun risque, argumentent nos sources. Il y a lieu de noter que l’opérateur privé Lacom qui appartient à 50/50 à Égypte Télécom et Orascom Télécom Holding est détenteur d’une licence de téléphonie fixe nationale, internationale et de boucle locale depuis 2006. L’opérateur a payé 65 millions de dollars pour l’acquisition de cette licence.

F. M. - Liberté