Lancement de Paris-Tamanrasset
Air Algérie relie la France touristique au Hoggar

Marché déjà crédité de quelque 2,5 millions de passagers, l'espace aérien franco-algérien promet de gagner en volume. Après Aigle-Azur, Air Algérie se donne de nouvelles lignes.

Le pavillon national a choisi de lancer une ligne hebdomadaire Paris-Tamanrasset et de renforcer de manière substantielle la desserte Paris-Hassi Messaoud.

Le samedi 8 novembre à 22h30, un Boeing 737-800 aux couleurs de la compagnie décollera d'Orly vers la capitale du Hoggar. Un vol inaugural synonyme de retour du pavillon national sur le front convivial du tourisme. Des patrons d'agences de voyages et de tours opérateurs français y seront à bord aux côtés de journalistes spécialisés du tourisme. D'une durée de quatre heures environ, le vol enrichit le réseau d'une compagnie décidée à investir durablement le créneau de l'évasion touristique. Motivé à l'évidence par un besoin de «grand Sud» algérien, le Paris-Tamanrasset vient également répondre à une autre attente : celle, urgente, de voyageurs ordinaires obligés, jusqu'ici, à se déplacer entre Paris et le Hoggar via Alger.

Idée vieille de plusieurs années, le projet de ligne régulière entre l'Hexagone et le Hoggar a meublé, pendant des années, les déclarations de presse des patrons de la compagnie. D'engagement en annonce, les PDG successifs de la place Audin avaient, tous, laissé entrevoir un décollage imminent du vol touristique tant attendu par les voyagistes. Mais l'avion «AH» en provenance de Paris se faisait attendre dans les cieux de «Tam».

Quasiment gelé, le projet est ressorti des cartons dès la fin de l'été. Les responsables de la délégation Nord de la compagnie sont allés à la rencontre d'agences de voyages et de tours opérateurs ayant pignon sur rue à Paris.

En tout une trentaine d'agences et de tours opérateurs spécialisés dans les produits «désert» et «Sahara», au rang desquels une dizaine d'enseignes connues à l'image de «Point Afrique».

Un tour de table s'est engagé entre les deux parties avec, au bout de l'échange, la décision du pavillon national de relier, une fois par semaine, la capitale du premier pays touristique du monde à la capitale d'un des sites des plus touristiques de la planète.

Un Paris-Tam en aller-retour devrait se négocier dans une fourchette de 350 euros, croit-on savoir auprès de la compagnie. Ce tarif concerne les seuls billets achetés dans le cadre de la touristique auprès d'un des tours opérateurs agréés par Air Algérie. La compagnie fait valoir, à l'appui de son irruption sur le terrain touristique, des «tarifs compétitifs».

A l'Opéra, siège de la délégation France nord, on mise sur une entrée en matière concluante de cette nouvelle desserte. «La teneur de nos échanges avec les agences de voyages et les échos qui nous avons glanés lors du Salon du tourisme Top Resa à Paris augurent de bonnes perspectives», estime Abdelkrim Benahmed, le patron de la délégation.

En poste depuis le 1er septembre, cet ancien responsable de la division commerciale a été nommé par le PDG Abdelwahid Bouabdellah avec une feuille de route à triple objectif. Primo, déployer une commercialité débordante sur le terrain hexagonal à l'heure où les trois compagnies à pied d'oeuvre se livrent une compétition sans merci.

Secundo, investir le front touristique. Tertio, revoir le déploiement de la délégation France nord pour en faire un atout au service de la nouvelle politique commerciale de la compagnie.

Avec une existence quarantenaire - elle a vu le jour au lendemain de l'indépendance -, la représentation a vocation sur les dessertes reliant la France nord à l'Algérie. Outre l'escale parisienne (Orly et Roissy Charles-de-Gaulle), elle gère Lille, chef-lieu d'une région à forte implantation algérienne. S'y ajoutent les vols supplémentaires ou spéciaux ouverts, en cas de besoin, pour répondre aux besoins de la période estivale (Mulhouse et Charleroi à un certain moment).

Indicateur révélateur de l'importance de la structure, une moyenne de 62 vols hebdomadaires a été mobilisée durant la dernière période estivale. Une proportion qui fait dire à Abdelkrim Benahmed que la représentation France nord assure un véritable pont aérien entre l'Algérie et l'Hexagone. Le pavillon national s'y déploie au travers de deux autres représentations (Lyon et Marseille). France nord est la première place forte du pavillon national à l'étranger en termes de chiffres d'affaires. A elle seule, elle contribue à hauteur de 51 % dans le trafic passagers voyageant à bord des avions Air Algérie entre les deux rives de la Méditerranée. Ses dessertes assurent 36 % du réseau international (une quarantaine de destinations) de la compagnie.

Quotidien Oran