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Discussion: Lectures

  1. #1
    Nouveau Membre Avatar de Nevermore
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    mars 2010
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    Oran
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    Par défaut Lectures

    Puisque il s’agit de parler de littérature ici, je pensais faire quelques commentaires sur quelques livres an fil de mes lectures, et peut être que d’autres membres viendront me rejoindre. Je signale que je ne citerai pas de biographie, puisqu’elles sont toujours présentes sur le net, par contre c’est les livres qui m’intéressent, et les avis qu’on peut accumuler.


    Je commence alors par une lecture récente à moi, Entre les murs, un roman de François Begaudeau, publié en 2006, Editions Gallimard. Pas de biographie, mais on peut toujours présenter un pti peu l’auteur ; il a déjà publié deux romans ; Jouer juste, 2003, et Dans la diagonale, 2005. Entre les murs a reçu le prix France Culture-Télérama 2006.

    Présentation de l’éditeur

    « Ne rien dire, ne pas s’envoler dans le commentaire, rester à la confluence du savoir et de l’ignorance, au pied du mur. Montrer comment c’est, comment ça se passe, comment ça marche, comment ça ne marche pas. Diviser les discours par les faits, les idées par les gestes. Juste documenter la quotidienneté laborieuse. »

    Mon avis

    C’est un roman qui s’éloigne du cadre de la fiction, qui se veut réaliste, relatant comme un journal de bord des faits ; quels faits ? Faits d’une année scolaire, entre professeurs et élèves. Pas de commentaires, le lecteur est là, et analyse à lui seul tous ces discours échangés entre enseignants, les paroles lancés par les élèves, l’ambiance des cours, et certains événements anecdotiques qui révèlent une génération difficile à comprendre, difficile à persuader, mais qui veut s’imposer par ce qu’elle croit vrai. Ambigüité, intrigue, viennent s’installer chez les enseignants quand des conflits naissent à cause de religion, de principe, de race ou autre choses qui tournent parfois aux insultes, au compromis, sans trouver un terrain d’entente.

    Ces jeunes ont leur mot à dire, ce n’est pas qu’ils ne respectent pas les grands (leurs professeurs) mais préfèrent mettre en valeur leur identité, montrer qu’ils existent à leur façon. Car ils sont du Maghreb, d’Afrique du sud, de Chine, ou d’ailleurs, et il est clair alors qu’ils sont différents les uns des autres, et que leurs enseignants aussi ne leur ressemblent pas. Nationalité française, mais des identités qui ne sont pas pareilles, c’est une lutte à tous les niveaux. Je propose un extrait comme exemple à ce que je viens de dire :

    « -M’sieurs pourquoi dans les exemples c’est toujours Véronique et jamais, jsais pas, Fatimah ou quoi qu’ce soit.
    -C’est joli Véronique, comme prénom. Non ? Véronique Jeannot elle était jolie.
    - ???
    Né le 15 août, Mohammed n’a pas oublié de s’en mêler, bandeau Swade pour éponger nulle sueur.
    - Fatimah aussi c’est joli. C’est le prénom de ma grand-mère, m’sieur. Elle fait des gateaux, m’sieur, sur ma vie c’est les meilleurs gâteaux du Maghreb
    - Dans ce cas, ceux qui veulent mettre Fatimah mettent Fatimah…etc. »

    Dans cette classe, entre quatre murs, on est confronté comme un spectateur dans un film à des scènes qui ressemblent à l’exemple que j’ai cité, où le déroulement du cours est entrecoupé par les constats des élèves, et qui devient en quelque sorte un débat social ou affrontement polémique.

    On voit à quel point l’éducation est devenue délicate, car elle est liée aussi à tous les événements politiques, économiques et sociaux. Dans un tel environnement, le professeur doit savoir adopter le comportement qu’il faut, celui d’un personnage bien veillant, calme, neutre, et peut faire appel parfois à la ruse pour arriver à des solutions qui arriveraient satisfaire tout le monde.


    Conclusion

    Aucune fuite de réel, aucun romantisme, tout est témoignage, qui peut être accablant à des moments, quand la situation cesser d’être risible, dérisoire, et devient tragique (bagarre, expulsion…etc.)
    "Discerner le murmure des mémoires, le murmure de l’herbe, le murmure des gonds, le murmure des morts. Il s’agit de devenir silencieux pour que le silence nous livre ses mélodies, douleur pour que les douleurs se glissent jusqu’à nous, attente pour que l’attente fasse enfin jouer ses ressorts. Écrire, c’est savoir dérober des secrets."

    Léon-Paul Fargue.

  2. #2
    Membre F.A.M. Avatar de ahmeddamien
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    Par défaut Salam

    Salam nevermore
    merci de ta presentation
    j ai lu avec plaisir

    a bientot

  3. #3
    Nouveau Membre Avatar de Nevermore
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    mars 2010
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    Citation Envoyé par ahmeddamien Voir le message
    Salam nevermore
    merci de ta presentation
    j ai lu avec plaisir

    a bientot
    Merci, merci ahmeddamien; et voilà je continue...

    La Petite fille du Tassili, un roman de Corinne Chevalier édité en 2001, aux Éditions Casbah.

    L’histoire fait intervenir le passé lointain du Tassili, qui, il y a des milliers d’années était une terre fertile, où les hommes préhistoriques chassaient, et vivaient en toute commodité dans un climat tempéré.

    Un Sahara couvert de lacs

    Ce néolithique saharien retrouve ses traces dans des peintures rupestres qui témoignent du passé de cette terre. Des figures de personnages, des représentations de scènes de chasse, de guerre y sont figurées, à travers des dessins bien précis, parfois étranges… « Sahara veut dire désert ! A l’âge de pierre il n’y avait ici ni désert, ni chameaux. Le Tassili était boisé, couvert de lacs et de rivières. Les pluies arrosaient les prairies ; les hommes élevaient des bœufs et chassaient l’antilope. »

    Le décor du Tassili et la fiction

    On découvre à fur et à mesure que le récit se déploie sous nos yeux les différentes ambitions qui ont menés les personnages à accomplir ce voyage en tant que touristes. Ainsi le professeur Miloud veut trouver au Tassili le silence et la paix. Quant à sa nièce Amel, elle le suit dans ce voyage touristique sans trop savoir pourquoi, si ce n’est l’envie de changer d’air. Rachid, le compagnon du professeur y cherche quelques aspirations et clichés pour ses courts-métrages en Afrique, il pousse son compagnon Stéphane à l’accompagner, afin qu’il apprenne à changer ses habitudes. Monsieur et Madame Catalope sont botanistes, et veulent étudier la flore saharienne. Quant au couple Giacomo, leur désir est de voyager dans n’apport quel endroit du monde. Jessie rêve de recopier quelques dessins rupestres.

    Ce qui est à remarquer en ce qui concerne ces personnages arrivés au Sahara par des intentions différentes, c’est qu’à la fin de l’histoire, ils se retrouvent tous ensorcelés par le charme du désert. Le Tassili a instauré en eux la sérénité, la rêverie, le songe, et l’oubli de la pesanteur qui règne dans les villes. « Calme doré, nuits rutilantes », c’est avec une nostalgie partagée, et une lourde mélancolie qu’ils rentrent de voyage.

    Des événements étranges…un cadre fantastique
    Nous savons que le fantastique est caractérisé par l’irruption d’un phénomène inexplicable dans le monde réel. C’est le genre de l’incertitude, l’ambiguïté, l’hésitation dans lesquels se situe le lecteur. Dans ce récit, le narrateur feignait au départ plaçait des éléments d’ordre réaliste, parfaitement crédibles, mais, déjouant les attentes de son lecteur, détourne son récit vers un tableau fantastique. Là, il le place dans un horizon d’attente fantaisiste, où l’inexplicable et le surprenant s’enchevêtrent et comme s’il se livrait à une partie d’échecs avec son lecteur, s’amuse à désorienter ses prévisions.

    Le narrateur à tout moment tente de rapprocher le désert par quelques rapports analogiques à un labyrinthe, sinon des ruines, des vestiges hantés par les djenoun comme le croient les guides touristiques, et qui pour eux, tout peut arriver dans des lieux pareils (« La piste s’enfonçait, par un labyrinthe de couloirs, au cœur d’une irréelle cité en ruines. Ciselés par l’érosion, des rochers aux formes fantasmagoriques évoquaient des arches, des tours, des palais. Le vent, en les creusant, avait sculpté sur leurs parois d’improbables balcons, d’impensables gargouilles… »)

    L’auteur conclut à ce niveau un pacte avec son lecteur, c'est celui d’aller vers l’inconnu progressivement, et d’en explorer certains mystères.

    Le mystère de Tabarat

    Tabarat est « une enfant de cinq ou six ans », elle a les « pieds nus, une curieuse tunique de peau effrangée », et des « cheveux noirs crépus. ». Cette étrange petite fille inconnue ne parle pas, mais chante la nuit, ses pas ne laissent pas de trace sur le sable, elle regarde les gens avec une curiosité attentive, absorbée mais effarée ; elle a peur des chameaux, sait nager, ne mange pas, ne dort pas, allume du feu toute seule sans briquet, guérit les gens, lit dans leurs pensées, communique avec leur esprit par télépathie, peut exercer sur eux un certain pouvoir qui lui permet d’avoir le contrôle sur leur corps ; et enfin, elle a le pouvoir de la résurrection, elle donne la vie non pas aux morts, mais aux peintures rupestres…pas la peine d’en dire plus. La lecture du livre en dira mieux.

    Tout ceci se passe comme un mirage au clair de lune aux yeux des personnages. C’est l’enchantement après l’insolite. Le charme après le mystère.
    "Discerner le murmure des mémoires, le murmure de l’herbe, le murmure des gonds, le murmure des morts. Il s’agit de devenir silencieux pour que le silence nous livre ses mélodies, douleur pour que les douleurs se glissent jusqu’à nous, attente pour que l’attente fasse enfin jouer ses ressorts. Écrire, c’est savoir dérober des secrets."

    Léon-Paul Fargue.

  4. #4
    Membre F.A.M. Avatar de miange-midemon
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    décembre 2009
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    dans les contes
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    Par défaut

    merci Nevermore pour ce topic

    La Petite fille du Tassili, semble être une belle histoire.tu as éveillé ma curiosité.
    je vais essayer de me le procurer.
    merci pour l'info
    connaitre les autres, c'est sagesse. Se connaitre soi-même c'est sagesse supérieur. Imposer sa supériorité aux autres, c'est force.se l'imposer à soi-même c'est force supérieur.

    LAO-Tseu

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