MA CHÈRE JEUNE FILLE


Un soir, je regardais les étoiles,
Le ciel était triste, bien qu’il fût clair ;
Je restais là, à ne rien faire,
Ayant du chagrin, me sentant mal,
Un mal dont j’ignorais la raison,
Ma solitude était là sans guérison.
Et je sombrais dans des remords,
Sans comprendre en quoi j’ai eu tort.

Mon visage s’inonda de pleurs,
J’avais mal, j’avais tort, et j’avais peur.
Je sanglotai, quelque chose me torturait,
Cette chose me détruisait et me déchirait.
Qu’est ce qui se passe, hein ! Pourquoi ?
Balbutiait dans l’obscurité ma voix.

A cette heure-ci, j’entendis une pauvre fille,
Qu’on disséquait, qu’on infligeait,
J’entendis les sombres horreurs de la vie ;
J’apercevais le voile, le voile qu’elle traînait,
Avec un sourire amer bordé de douceur,
À elle, mon cœur se joignit ;
Tous ses malheurs gagnèrent ma folie
Comme ses griffes enflammèrent mon cœur !
Et ses cheveux noyés de sang,
Frappaient à coup de fouet ma chair.
Les plaies qui se gravaient sur son front,
Se dessinaient comme on sculpte la pierre.
Ses lèvres se déchiraient par les cris ;
Trop horrifiée, trop pâle, je vomis ;
El les larmes comme un voile transparent,
Couvraient son visage, et son teint blanc.
Mes dents se serraient, mes lèvres s’écartaient ;
Crachant du sang, je sentais toutes ses douleurs.
Dans le flot du drame où elle était,
Mon agonie se mêla à ses pleurs.
Comme un chat, elle s’accrochait à la vie ;
Comme tu es coriace, oh !ma pauvre fille.
Alors que la mort la rattrapait,
Elle se battait, sans tenter de s’échapper.

Et comme je te sens, et comme je te pleurs ;
Pour toi, je me mordrai de douleur.
Ma belle et chère jeune fille,
En ta poitrine je me blottis
Ton chagrin fait mes remords,
Et tes cris font de moi misérable.
Si c’est la douleur qui nous rend fort,
Hurlons ensemble pour tout crime exécrable.

• En fait les remords viennent de l’impuissance, du fait de ne pouvoir agir…
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