Démission en bloc après des propos d'un maire FN de la Nièvre

Huit conseillers de Neuffontaines (Nièvre), ont demandé au maire Front National, Philippe Connant, de démissionner après des propos tenus dans les colonnes du Journal du Centre. Sans succès.

Ariane Bouhours ariane.bouhours@centrefrance.com « Non, le Front national n'est pas plébiscité à Neuffontaines », assurent fermement huit élus municipaux (1) qui viennent de démissionner, en bloc.

Le maire, Philippe Connant, « maître de la provocation » selon eux, n'est pas suivi par la majorité des conseillers et « une grande partie de la population ».

Lors de la présentation du budget au conseil municipal, avant-hier soir, huit conseillers sur onze ont demandé la démission du maire, suite à ses propos tenus dans le Journal du centre du 16 mars (2).

Le maire a refusé de démissionner, mais a accepté la démission de ses conseillers, lesquels n'ont pas adopté le budget primitif 2010. Ils n'ont pas, non plus, voté les comptes administratifs.

« C'est la troisième fois que Philippe Connant dérape, mettant ses idées politiques en exergue », déplorent les élus.

« Nous ne voulons plus être montrés du doigt. Nous voulons retrouver pour notre commune la sérénité d'antan. Plusieurs familles d'étrangers, de diverses origines, ont fait l'acquisition de maisons dans la commune, les restaurent et participent à l'économie de notre région. Ils sont les bienvenus, nous voulons vivre ensemble dans la quiétude de notre village. »

Les conseillers espèrent que des élections municipales partielles, consécutives à leurs démissions, permettront l'élection d'un nouveau maire. Pour rappel, Philippe Connant avait été réélu haut la main maire de cette commune de 130 habitants en 200 et sans même avoir fait acte de candidature. Il était injoignable, hier.

(1) Jean-Claude Hernando, maire-adjoint ; Melle Perreau, madame Reinert, Roger Blandin, Gilles Blandin, Francis Perdriat, Hervé Perdriat, Lionel Chapuis, conseillers municipaux.

(2) Dans le cadre d'un article sur le gros score réalisé par le Front national à Neuffontaines, au premier tour des Régionales, le maire affirmait que « quelqu'un qui s'appelle Mohamed n'est pas un Bourguignon ».

Le JDC.fr