L'accord se précise entre Orascom Telecom et le sud-africain MTN
Le gouvernement algérien vigilant

Le titre d’Orascom Telecom Holding (OTH) a été suspendu, lundi 26 avril, à la cotation à la Bourse du Caire. Le groupe de télécommunications a indiqué qu’il publiera une information « cruciale » mardi. Selon des traders cités par des agences de presse, cette publication pourrait concerner les négociations en cours avec le groupe sud-africain MTN. Pour sa part, MTN a dit être en négociations sur un accord potentiel, sans évoquer le nom de son partenaire.

Selon les agences d’information financière et le Financial Times, MTN, plus grand opérateur africain de téléphonie mobile, serait sur le point de racheter plusieurs filiales d'Orascom Telecom Holding (OTH), dont l'algérienne Djezzy. Quatre pays du groupe Orascom Telecom seraient concernés par ce rapprochement : l’Egypte, l’Algérie, la Tunisie et le Zimbabwe. Le groupe sud-africain serait actuellement à la recherche de 5 milliards de dollars auprès des banques. La totalité de la somme nécessaire à l’opération avoisinerait 10 milliards de dollars, selon la même source.
Selon nos informations, des équipes de MTN ont séjourné il y a quelques jours en Algérie et en Tunisie pour réaliser des audits de Djezzy et Tunisiana, les deux filiales d’OTH. En fin de semaine dernière, le gouvernement algérien n’avait toujours pas été officiellement informé d’une probable transaction qui impliquerait Djezzy. Récemment, le ministère des Finances, réagissant à des rumeurs sur une éventuelle vente de Djezzy, avait indiqué que toute opération devait au préalable avoir le feu du gouvernement algérien.


«Je pense que c’est une erreur de ne pas informer le gouvernement algérien. Mais la démarche des deux opérateurs est compréhensible. Ils ne peuvent pas aller informer le gouvernement algérien sur un accord qui n’a pas encore été conclu. Surtout que dans le cas de l’opération actuelle, ce n’est pas Djezzy qui va changer de mains, explique notre source. C’est une opération entre OTH et MTN. Djezzy restera toujours une filiale d’OTH même si l’actionnaire de ce dernier change », explique notre source. « Dans ce cas, le gouvernement algérien peut difficilement faire valoir son droit de préemption, valable seulement dans le cas d’une opération sur la seule entité Djezzy », ajoute-t-elle.

Alger pourrait en revanche bloquer politiquement la transaction. Il dispose de plusieurs moyens de pression. Exemple : la licence Djezzy expire en 2016 et le gouvernement peut poser des conditions à son renouvellement. « Mais la manœuvre est risquée. Le gouvernement algérien est signature d’accords internationaux garantissant les investissements étrangers», ajoute notre source.

Il y a aussi le facteur politique qui va peser lourd dans le dossier. Contrairement à l’Egypte, l’Afrique du Sud entretient de bonnes relations avec l’Algérie. Ce pays est un allié précieux sur le dossier du Sahara occidental, stratégique pour la diplomatie algérienne. Les Sud-africains sont également bien placés pour accompagner l’Algérie dans le déploiement de son nucléaire civil, un projet stratégique pour le pays.

Samir Allam - TSA