Un cours élémentaire sur la science de la classe ouvrière
Devenir marxiste en quatre samedis

Le cours C'est quoi le marxisme? Pourquoi et comment l'étudier? a connu un grand succès à l'Université marxiste d'hiver. Pour Rachida (16 ans), «c'est un cours qui vous ouvre les yeux». Un seul regret: tout le monde n'a pas pu y assister. Pas facile en effet de se libérer quatre jours d'affilée! L'Institut d'études marxistes (INEM) propose donc de dispenser à nouveau ce cours durant quatre samedis matin du mois avril. Inscrivez-vous vite!


Maria McGavigan

La majorité des personnes ayant suivi ce cours à l'Université marxiste d'hiver ont été surpris de découvrir une pensée aussi limpide et pratique. «Cela me permet de m'engager dans un chemin clair et de ne plus prendre des routes anarchiques qui me perdent sans fin», explique Elisabeth, une bibliothécaire de 31 ans. Beaucoup étudiaient la philosophie pour la première fois, mais tous se sont mis d'accord sur le fait qu'il s'agissait d'une base indispensable pour progresser.

Pour Bert, un ouvrier de 21 ans, il faudrait même obliger les participants à suivre ce cours avant tous les autres! Il n'était pourtant pas enthousiaste avant d'y aller. «Je ne suis pas quelqu'un qui aime lire, encore moins étudier» dit-il, «mais si on dit avoir des sympathies pour le marxisme, il faut savoir d'où il vient et en quoi il consiste». Maintenant qu'il a suivi le cours, Bert est convaincu que tous les ouvriers tireraient profit d'un cours de philosophie marxiste: «C'est avec la philosophie marxiste qu'on peut casser l'influence des capitalistes sur les ouvriers et commencer à les amener vers le communisme.»

Le calendrier des Mayas

Arnaud Staquet, professeur, abonde dans le même sens: «le plus important est de provoquer une rupture chez les étudiants, dans leur manière de penser et de voir les choses. Matérialisme dialectique et historique sont des mots compliqués pour des choses qui ne le sont pas tellement. En plus, cette connaissance vous ouvre tant de portes, vous éclaire sur tant de problèmes apparemment complexes que l'effort à faire pour l'assimiler est vite compensé.»

Frans De Maegd, un autre professeur, est du même avis: «Tout au long de l'histoire, les classes dominantes ont voulu imposer leur manière de penser au peuple. Souvent, il ne s'agissait même pas de «leur» manière de penser, mais de mythes destinés à contrôler les travailleurs. Dans la civilisation maya, par exemple, il y avait deux calendriers. Le premier ne correspondait pas à l'année réelle et n'était donc d'aucune utilité aux paysans qui devaient savoir quand semer le maïs, attendre la pluie, etc. Pour ces connaissances indispensables, ils devaient faire confiance aux prêtres, qui détenaient le seul calendrier valable. N'est-ce pas la même chose aujourd'hui? Quand les magazines féminins parlent d'amour, les politiciens de démocratie, ils le font comme si ces mots avaient un contenu absolu, valable toujours et partout. Qu'ils y croient eux-mêmes ou pas a moins d'importance que de savoir que leur discours sert à endormir et à tromper les gens. Si on veut se libérer de cette oppression et comprendre le monde tel qu'il est, on a intérêt à étudier la science du marxisme. Mais comme les prêtres maya au Mexique, les capitalistes se sont appropriés la science pour servir leurs intérêts.»

Le caractère scientifique du marxisme

La secrétaire générale du PTB, Nadine Rosa-Rosso, a abordé la question du caractère scientifique du marxisme dans un autre cours. Elle explique: «Le marxisme est le produit d'une époque précise, celle de l'avènement du capitalisme et des deux classes irréductibles qui naissent et se développent avec lui: la bourgeoisie et le prolétariat. Marx et Engels ont été frappés par la misère profonde qui touchait les classes laborieuses, mais aussi par leur désir de se libérer de cette misère et leur capacité à y résister. C'est pour résoudre la question de la libération du travail que Marx et Engels ont étudié toutes les thèses philosophiques, économiques, scientifiques et sociales que l'humanité avait produites jusqu'alors. Ils les ont soumises à la critique, c'est-à-dire qu'ils ont systématiquement analysé le caractère progressiste ou réactionnaire de ces thèses. Ils ont retenu les éléments progressistes, ceux qui représentent un progrès dans la pensée et l'action humaine, et démonté toutes les thèses qui enfermaient la classe ouvrière et les autres classes opprimées et exploitées dans l'exploitation et l'oppression.»

«Marx et Engels ne se sont pas contentés de cet immense travail théorique, poursuit-elle, ils se sont engagés pleinement dans la lutte politique, syndicale, dans les insurrections de leur époque. Ils ont créé la première organisation de classe du prolétariat, la Première Internationale, et vécu la première insurrection ouvrière: la Commune de Paris. Le marxisme est donc réellement une science. Mais une science humaine, sociale. Au contraire des sciences exactes, les conditions de l'expérimentation changent constamment. Et vu qu'en sciences sociales, il est impossible de «produire les mêmes causes» de manière exacte, il n'est pas possible non plus de prévoir les «mêmes effets». En outre, au contraire des sciences sociales et humaines «classiques», le marxisme affirme clairement sa partialité. Il s'élabore ouvertement comme une science sociale ayant pour ambition de résoudre fondamentalement la question de l'exploitation du travail, qui n'a d'utilité et d'intérêt que pour la classe ouvrière et les autres classes opprimées, et pour ceux qui se mettent à leur service.»

Quoi? Comment? Quand?

Le cours C'est quoi le marxisme? Pourquoi et comment l'étudier? se donnera tous les samedis matin du mois d'avril.

1. Le monde réel. Le 6 avril, de 10 à 13h.

2. Les relations entre les hommes et les choses. Le 13 avril, de 10 à 13h.

3. L'histoire de l'humanité: progrès ou recul? Le 20 avril, de 10 à 13h.

4. La méthode marxiste. Samedi 27 avril, de 10 h à 13h.

Texte de base: G.Politzer, Les principes élémentaires de philosophie

Source : http://www.archivesolidaire.org/scri...BAA&obid=12016