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Discussion: L'enfer de la drague au Caire

  1. #1
    Membre F.A.M.
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    Par défaut L'enfer de la drague au Caire

    Mardi 25/05/2010 | Posté par Nassira El Moaddem

    Circuler librement dans la capitale égyptienne quand on est une femme relève de l’épreuve. Entre « mots doux », sifflements et mains baladeuses, se promener vous met les nerfs à vif.

    Quand on est une femme, on a de quoi être en colère contre le Caire. Y marcher, y faire ses courses, s'y promener, bref sortir relève souvent du parcours du combattant. Je vis désormais dans la capitale égyptienne depuis presque huit mois et pourtant je ne m'y habitue pas. Des regards collants que vous arrivez presque à palper, aux mains baladeuses dans les transports en commun. Du type qui se frotte à vous dans la rue alors que le trottoir est aussi large qu'une voie d'autoroute, aux mots sensés être doux et qui résonnent en vous comme autant d'insultes que l'on vous crache en pleine figure : « Miel », « ma jolie », « viens par ici ma fille ». Ces expressions de la rue de tous les jours je les ai en horreur.

    Et il n'y a pas que les blondes aux yeux bleus qui ont le droit à ce traitement. Pour subir ce genre d'humiliation, être de sexe féminin suffit. Avoir 60 ans, porter un voile ou un niqab, être accompagné de son compagnon, de son mari, d'amis : rien ne freine ces excès de libido. C'est le quotidien des femmes du Caire. J'habite à quelques minutes du centre-ville. Le trajet que j’effectue tous les jours entre mon domicile et la fac est loin d'être une partie de plaisir. A 8 heures du matin, les hormones de certains sont déjà en ébullition. Un jour, alors que je me rendais en cours, arrivant à hauteur de la place Tahrir, un des points névralgiques de la capitale, un type s'approche de moi à la vitesse de l'éclair. Il est venu, m'a touchée, a eu son petit quart d'heure américain, son sourire vicieux puis est reparti comme si de rien n'était. Dans ce genre de situation, vous ne comprenez pas pourquoi vous ne faîtes rien, pour quelles raisons vous restez immobiles alors que la rage vous dévore. Vous vous détestez de ne pas avoir su comment réagir, de ne pas vous être révoltée.

    En réalité, la scène dure à peine quelques secondes et arrive sans que vous n'y soyez préparée. Et puis que faire? Une autre fois, je me suis mise à crier et j’ai poussé violemment celui qui s'approchait pour me toucher. L'homme très mal à l'aise s'est vite retourné et a fait demi-tour. En guise de réaction, j'ai eu l'audace de croire que le policier qui se trouvait tout près de moi allait pouvoir m'aider. C'était sans compter que lui aussi « avait faim » et qu'en allant le voir il allait me regarder comme un vulgaire bout de viande. C'est un peu ça le sentiment ici, d'être une charogne sur patte, l'objet ambulant de leurs désirs sexuels. Imaginez-vous marcher dans la rue et en voir certains se gratter les parties intimes pendant qu'ils vous regardent passer. Ou encore ce jour où, me promenant avec une amie, nous entendons sortant de la bouche de deux hommes que nous devançons : « Par devant ou par derrière ? » A vous en donner la nausée.

    Je parle du Caire mais des histoires à peu près semblables j'en ai vécu dans d'autres villes du monde arabe en Syrie ou au Maroc par exemple. Et, on pourrait parler longtemps de la drague lourde de certains hommes en France, des harcèlements sexuels qui ont cours dans le monde professionnel. L'Europe n'est évidemment pas exempte de ce genre de comportements à l'adresse des femmes. Mais ici, au Caire et notamment dans certains quartiers, le phénomène drague ("mo3akassa") est inscrit dans le quotidien, devenu banal, normal, une sorte de jeu aussi auquel se livre les hommes fatigués d'un quotidien morose et d'une absence d'avenir.

    Ce n'est pas encore du harcèlement ("taharuch") même si pour certaines la frontière entre les deux n'est pas si opaque. « Lorsqu'à chaque fois que vous sortez de chez vous, pour vous rendre à n'importe quel endroit, vous devez essuyer les sifflements et les propos obscènes de certains hommes, je pense qu'on est pas loin du harcèlement », me confie Rim, étudiante à l'Université du Caire.

    Mais voilà il faut se protéger. Vous vous mettez alors sur la défensive, adoptez une attitude volontairement agressive. Depuis j'ai développé un sens visuel hors du commun : mes radars détectent à distance ceux qui s'aventureraient à s'approcher de moi. Au point parfois peut-être de sombrer dans la paranoïa. Devoir faire tout ce cinéma, m’emmerde, ce n'est pas vous mais au fond on s'en fout, faut se blinder. Je ne compterai pas le nombre de fois où je me suis arrêtée pour insulter celui qui s'amenait vers moi pour tenter quelque chose. Ici, les hommes ont très peu l'habitude que les femmes réagissent en pleine rue.

    Du coup, lorsque vous vous retournez pour réagir contre celui qui vient à peine de vous frôler ou de vous lancer je ne sais quel regard obscène ou remarque indécente, et que vous osez lui rappeler son attitude immonde, à 95% des cas vous êtes sûrs que le type va tourner la tête et vous répondre : « Mais c'est pas toi que je regardais. Je parlais à mon ami. » Autant vous dire que la réponse n'aide pas à refroidir vos nerfs. D'abord, on vous atteint dans votre dignité et en plus on se fout ouvertement de vous. Double peine. Et de lui répondre, un peu impuissante, mais de toutes mes forces, un « kelb » (sale chien) sorti du fond du cœur avant de repartir en maudissant la terre entière d'être une femme.

    Finalement, j'en suis arrivée à me demander si réagir servait bien à quelque chose. Je ne peux m'empêcher de le faire, c'est plus fort que moi. Je n'ai pas envie de donner l'impression que tout cela est naturel, normal. Et en même temps, je n'y gagne rien : suis énervée, gaspille mon énergie et les gens me prennent pour une folle ! Je comprends de plus en plus celles qui ici font comme si elles n'entendaient rien. On en vient même à apprécier les rames de métros réservées aux femmes.

    En arriver là, obligé de séparer les sexes pour éviter tout débordement est un affreux constat d'échec. Ceux qui prêchent les vertus de la mixité, moi la première, auront vite compris qu'ici, il s'agit d'une nécessité qui va au-delà d'une question de confort. Depuis quelques mois se développent des lieux et des modes de transports réservés aux femmes : comme ces nouveaux taxis conduits par des chauffeurs de taxis femmes censés apporter une solution au problème. Reste que pour la majorité des Egyptiens, et donc des femmes, le taxi est un transport coûteux et que les seules alternatives bon marché, celles des bus et minibus bondés, sont largement propices à la promiscuité.

    Alors, évidemment, on peut imaginer les raisons d'une telle situation : la frustration sexuelle, le chômage, la crise du logement qui rendent difficiles le mariage des jeunes hommes et retarde encore plus leur vie sexuelle, l'oppression sociale, l'absence de lendemain... En attendant, les associations locales se battent tandis que les autorités semblent faire mine de ne rien entendre. En témoigne une déclaration de Suzanne Moubarak, l'épouse du président qui affirmait en 2009 au journal gouvernemental Al Ahram : « Le harcèlement sexuel ne peut pas être considéré comme un phénomène à cause de quelques incidents isolés. » Circulez donc, y a rien à voir. Très bien, mais si au moins on pouvait circuler tranquillement…

    Nassira El Moaddem (Le Caire)

    Source : Yahoo BondyBlog fr

    http://yahoo.bondyblog.fr/news/20100...rague-au-caire
    Si le peuple décide un jour de vivre, il faut que le sort s'y plie, il faut que la nuit se dissipe, il faut que la chaîne se brise
    Abou El Qassem Echabbi
    Mon ami, mon frère, si toi tu ne brûles pas, si moi je ne brûle pas, qui éclairera la route ? Nazim Hikmet

  2. #2
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    Oui c`est ça la réalité des rues du Caire! j`ai posté ya quelque temps une video illustrant bien le harcelement dans les rues du caire et j`avoue je suis resté bouche baie..j`ai jamais de ma vie vu cela nul part.
    le blame tombe sur le cinema egyptien,ce cinema qui n`a plus de rapport avec des films qui racontent une histoire,des problemes de société,la pauvreté, la guerre entre le bien et le mal! qui donnait une morale.
    leur cinema s`est transformé et s`est occidentalisé il ne montre que des actrices belles et a demi-nues ou tout est "ibahi"!! ou tout se fait normalement sans aucune moralité!
    un grand ecart de ce qui est la vraie société egyptienne avec sa misere et ses problemes et ce que le cinema leur donne comme impression.
    il ne faut pas oublier une chose les egyptiens sont comme les indiens ils adulent leurs stars...les stars chez eux sont des Dieux et ils les prennent comme modele.
    l`autre facette ..une société frustrée,pauvre qui n`arrive meme pas a joindre les deux bouts...la pauvreté chez eux est flagrante,voyante,palpable..des hommes pauvres qui savent qu`ils n`arriveront jamais a s`en sortire...a fonder un foyer..une frustration sexuelle...quand meme leurs chouyoukh d`el Azhr sont vicieux! quel modele cette société a devant elle! a part corruption,sexe a la tv,un etat opprimant,pas de loi....memes les policiers ont une paie minable et n`arrivent pas a faire nourire leur famille..!
    tout ce que je peux dire sur cette société c`est qu`elle est malade! leur rues sont une jungle c`est la loi du plus fort...tag 3la man tag!
    cette dame compare l`egypte a la france et la syrie..ou le Maroc ce qui est trés exagerer...la drague c`est partout dans le monde certe mais en France les hommes ne harcelent pas les femmes dans les rues! la drague chez eux est un echange aussi..si ya pas réception de la part de la femme Ah ben le gars n`y va pas plus loin...en syrie c`est pareille en plus la police syrienne praite secours a quelqu`un qui en demande...le Maroc c`est semblable a l`Algerie ou Tunisie..ça blablbalaba sans dépasser les limites.

  3. #3
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    c'est drôle, pas plus tard qu'hier j'avais rendu visite à ce blog et lu cet article parmi d'autres

    Pour ce qui est de la drague, evidemment "inévitable" chez nous aussi, elle est souvent "soft" certes mais des fois ça va plus loin, ça va jusqu'à l'insulte même quand il n'y pas "reception" comme tu dis Sabrina et ça je l'ai vécu et ma foi ça m'avait dégoutée et longtemps marquée!
    Le hasard, c'est peut-être le pseudonyme de Dieu quand il ne veut pas signer

    Théophile Gautier

  4. #4
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    tu sais Gré en egypte ya 55 viols par jour et 83% de femmes qui avouent avoir ete harclées dans les rues.
    voici des videos
    http://www.youtube.com/watch?v=DOPlL67Chw4

    http://www.youtube.com/watch?v=wnL3A...eature=related

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