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Discussion: Saïda Menebhi (poèmes)

  1. #1
    Membre F.A.M.
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    Par défaut Saïda Menebhi (poèmes)

    A la mémoire de Saïda Menebhi

    Saida est née en 1952 à Marrakech.Professeur d’anglais. Membre de l’UNEM (Union Nationale des Étudiants du Maroc) puis de de l’UMT (Union Marocaine du Travail) et de l’organisation Ilal Amam.


    Le 16 janvier 1976 à Rabat, alors que les arrestations se multiplient, avec trois femmes : Pierra di Maggio, Fatima Oukacha et Rabia Ftouh, elle "disparaît" au tristement célèbre centre "clandestin" de torture de Casablanca "Derb Moulay Chérif" où elle subit des tortures physiques et psychologiques.

    Elle est jugée au procès de Casablanca de janvier 1977, avec 138 autres inculpés, pour atteinte à la sûreté de l’État ; Et sous les applaudissements, elle dénoncera entre autres la situation d’oppression que vivent les femmes au Maroc... Elle est condamnée à 5 ans de détention, plus deux ans pour outrages à magistrat.

    Après ce verdict, Saida est isolée avec ses deux compagnes, Rabia et Fatima, plus Abraham Serfaty à la prison civile de Casablanca, alors que tous les autres condamnés sont transférés à la prison centrale de Kénitra.

    Avec tous ses camarades, elle a observé une première grève de la faim de 18 jours en 1976 pour exiger que le procès ait lieu ; une autre durant le procès même en protestation contre les violations des droits élémentaires de la défense et des inculpés. Le 8 novembre 1977 tous les condamnés du procès de Casablanca entament une troisième grève de la faim qui durera 40 jours, ils réclament le statut de prisonnier politique, des conditions humaines de détention et la fin de l’isolement de leurs camarades de la prison civile de Casablanca.

    Le 11 décembre, elle meurt après 34 jours de la grève, à l’âge de 25 ans.

    Poème du 26 novembre 1976

    La prison, c’est laid
    tu la dessines, mon enfant
    avec des traits noirs
    des barreaux et des grilles
    Tu imagines que c’est un lieu sans lumière
    qui fait peur aux petits
    aussi pour l’indiquer
    tu dis que c’est là-bas
    et tu montres avec ton petit doigt
    un point, un coin perdu
    que tu ne vois pas.
    Peut être la maîtresse t’a parlé
    de prison hideuse
    de maison de correction
    où l’on met les méchants
    qui volent les enfants
    Dans ta petite tête s’est alors posée une question
    comment et pourquoi
    moi qui suis pleine d’amour pour toi
    et tous les autres enfants
    suis-je là-bas ?
    Parce-que je veux que demain
    la prison ne soit plus là

    Poème du 20 octobre 1976

    Le vent de mon pays
    souffle, hurle, gronde
    sur la terre humide qu’il balaie
    il trace des figures
    il grave un passé
    le mien, le tien, celui de chacun
    son bruit me rappelle une symphonie
    celle que tu sussurais à mon oreille chaque nuit
    Avant, il y a longtemps déjà
    aujourd’hui, ce soir, cette nuit
    seules les empreintes de la vie
    me reviennent à l’esprit et
    la pluie tenace, le vent têtu
    reviennet comme chaque année
    et me ramènent à toi
    aussi loin que tu sais
    me rappellent encore
    que j’ai un corps que j’ai une voix
    que j’élève en offrande à toi.

    Source : www.maghreb-ddh.org
    Si le peuple décide un jour de vivre, il faut que le sort s'y plie, il faut que la nuit se dissipe, il faut que la chaîne se brise
    Abou El Qassem Echabbi
    Mon ami, mon frère, si toi tu ne brûles pas, si moi je ne brûle pas, qui éclairera la route ? Nazim Hikmet

  2. #2
    Membre F.A.M.
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    décembre 2009
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    Malgré la prison, la torture et les privations, tu as tenu bon, à tes principes pour le peuple marocain, contre l'oppression d'un régime moyen-moyenâgeux et ses maîtres! Tu es toujours présente parmi nous par ton combat et ton exemple immortels! Ilal Amam sur ta voie et les principes que tu as défendu jusqu'à la mort!
    Si le peuple décide un jour de vivre, il faut que le sort s'y plie, il faut que la nuit se dissipe, il faut que la chaîne se brise
    Abou El Qassem Echabbi
    Mon ami, mon frère, si toi tu ne brûles pas, si moi je ne brûle pas, qui éclairera la route ? Nazim Hikmet

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