L’exploit de l’élimination de 12 terroristes à Beni Douala n’avait pas encore fini d’être célébré par les forces de sécurité que déjà la réponse a vite fait d’achever tragiquement la vie de jeunes estivants qui goûtaient aux plaisirs de la vie en bord de mer à Zemmouri (Boumerdès).

Les hommes-bombes ont décidé de mettre fin au rêve de ces jeunes gens âgés de moins de 25 ans qui ont ouvert les yeux sur une Algérie de terreur. Les hommes-bombes ont décidé de ne pas donner le temps à leurs victimes de voir un autre ciel se dessiner sur une Algérie qui n’a que trop souffert.

Les hommes-bombes qui n’ont plus rien à perdre décident de leur mort et de celle de victimes innocentes qu’ils espèrent chaque fois plus nombreuses. Casernes militaires, célibatorium de la police, brigade de gendarmerie, la chaleur de l’été 2008 s’est mêlée à une odeur de soufre échappée des kilos de TNT livrés tels des colis piégés par des candidats à la mort.

Le 3 juin à Alger, le 23 juillet à Lakhdaria, le 3 août à Tizi Ouzou et le 9 août à Boumerdès, des dates, des victimes et des espoirs déchus. Devant une telle série noire, nul besoin de pavoiser sur la réussite de la lutte antiterroriste. La déclaration du ministre de l’intérieur faite sur les lieux de l’attentat de Zemmouri affirmant que « l’attentat à la voiture piégée perpétré à Zemmouri peut être interprété comme une réaction des groupes terroristes après l’opération menée contre eux récemment par l’armée et les forces de sécurité à Beni Douala » est loin d’être rassurante.

La rapidité de la réaction terroriste montre une facilité d’action qui pousse à l’inquiétude. Cela démontre que les groupes terroristes n’ont pas eu besoin de temps pour préparer leur coup, il leur a suffi de décider de la cible et d’attaquer.

S’il est vrai que le procédé kamikaze ne demande pas un programme laborieux puisqu’il consiste à trouver un candidat à la mort et une charge explosive, il est aussi vrai de se dire que la réaction du GSPC démontre que ce groupe est encore en mesure de faire du mal et qu’il n’est pas à court d’éléments kamikazes ni de munitions explosives.

Loin de nous l’idée de nous mettre dans la peau d’un spécialiste des questions sécuritaires, mais des victimes tombent encore sous le couperet de la barbarie et des familles continuent de pleurer leurs morts. Le glas n’a malheureusement pas encore sonné pour la violence.


EL Watan. Par H. Azzouzi. Le 11 août 2008.