L'Algrie est place sous surveillance ngative par la Compagnie franaise d'assurances pour le commerce extrieur (Coface) en raison de la dtrioration de l'environnement des affaires.

La politique protectionniste rcemment adopte par l'Algrie est pour beaucoup dans cette mauvaise performance. Au plan des politiques conomiques, on assiste depuis 2009 un renforcement de mesures de protectionnisme l'encontre des investissements trangers et des importations qui est peu favorable, court terme, l'environnement des affaires et, plus long terme, au dveloppement de l'conomie. Les mesures touchant aux restrictions sur les importations peuvent entraner des cots accrus pour les entreprises et retarder les approvisionnements, souligne la Coface, cre en 1949, dans son Panorama des risques-pays, publi en juillet dernier sur son site internet. Par mesures de protectionnisme, la Coface pointe du doigt la trs controverse loi de finances complmentaire, promulgue en 2009.


On s'en souvient, cette loi avait dclench un toll dans les milieux conomiques nationaux et trangers. Ceux-ci appelaient de leurs vux labrogation ou lallgement de certaines dispositions juges contraignantes. En vain, puisque cette batterie de mesures a t conforte par la loi de finances complmentaire 2010, qui signait le retour au dirigisme tatique de l'conomie nationale, de l'avis de plusieurs observateurs et experts. Lautre grief retenu par la Coface l'endroit de l'Algrie concerne l'instabilit de la situation scuritaire. Mme si cet organisme estime que celle-ci s'est amliore, il s'inquite, toutefois, concernant la persistance des attaques sporadiques par le groupe islamiste radical, Al Qada, lesquelles demeurent cependant possibles et peuvent avoir un effet dstabilisateur mais contenu sur l'activit conomique et les investissements.
S'agissant de la crise conomique mondiale, survenue en 2008, la Coface dploie une tout autre rhtorique, contrairement aux assurances du gouvernement. La crise mondiale a affect l'conomie algrienne par le canal commercial, se traduisant par une contraction de la demande d'hydrocarbures et une chute des prix du baril partir du second semestre 2008, crit-t-elle dans son Panorama des risques-pays.


Par consquent, ajoute la Coface, la croissance en 2009 a t contrainte par un recul de la production d'hydrocarbures qui a d s'ajuster la demande extrieure et aux quotas dcids par l'OPEP. Hors hydrocarbures, l'activit conomique devrait continuer de progresser un rythme honorable, soutenue par les dpenses publiques, prvoit la Compagnie franaise d'assurances pour le commerce extrieur.

Si pour cette compagnie, les revenus ptroliers mis en rserve au cours des annes prcdentes dans le Fonds de rgulation des recettes (FRR) ont permis de poursuivre un vaste programme d'investissements publics (infrastructures et habitat), il n'en demeure pas moins que les mesures prises pour limiter les importations ont pes sur l'activit du secteur priv et sur l'emploi. En outre, l'interdiction des crdits bancaires a rduit la consommation des mnages, juge encore la Coface, proprit du groupe bancaire franais Natixis. Evoquant les capacits de rsistance de l'Algrie, elle note que la chute des revenus ptroliers et la politique expansionniste ont fait apparatre un dficit public en 2009 qui devrait perdurer en 2010, malgr la remonte des cours du baril. Sauf que les rserves du FRR sont suffisantes pour financer ces dficits, tient prciser la Coface.

Cette dernire a accrdit par ailleurs l'Algrie de quelques bon points, particulirement un trs faible endettement public, ce qui lui donne certaines marges de manuvre (...), une situation financire extrieure qui reste solide. Une politique active de dsendettement extrieur.

Hocine Lamriben