Algérie : De l’honnêteté et de la responsabilité
Algérie - «Durant ces dernières années, une personne honnête était considérée comme naïve !», commentait, sur les ondes de la radio nationale, le ministre des Finances Mourad Medelci. Les années de terrorisme ont permis à des fortunes de s’ériger, à des consortiums de naître et aux voleurs de tout acabit de paraître comme les modèles de réussite sociale.
Les études et l’école n’étaient plus les ascenseurs sociaux. Seules les relations avec des personnes ayant un pouvoir quelconque permettaient de s’enrichir ou plus simplement de faire commerce ou de monter son entreprise. Le règne était à ceux qui savaient manier la corruption et l’escroquerie. Que représentait un million de dinars quand il fallait sauver des vies ? Une assertion qui fait mal maintenant, mais qui avait toute sa raison d’être pendant ces moments faits de pleurs et de sang. L’Algérie retrouve une stabilité et les Algériens redécouvrent que l’on peut sortir de la maison le matin et être presque sûr d’y retourner le soir.
L’embellie financière change l’image d’un pays et les meurtres et massacres qui faisaient les unes des journaux sont remplacés par les opportunités d’affaires. Les touristes sont précédés par les politiques et les investisseurs.
Le calme retrouvé et l’économie libérale en marche poussent la justice à se réformer, le système bancaire à’être d’une qualité équivalente à ce qui se fait dans le reste du monde, etc. L’impunité des années précédentes ne pourra pas être mise en avant face à des investisseurs ayant le soutien de leurs ambassades.
Les touristes ne viendront pas s’ils se font voler à chaque coin de rue. Les adaptations à faire sont nombreuses si les Algériens veulent que les étrangers se sentent bien chez eux. La mentalité doit changer. Le travail doit retrouver ses qualités vertueuses. Arriver à l’heure au travail n’est pas une faute professionnelle et essayer de bien le faire n’est pas une tare. La responsabilité ne doit plus être accordée aux amis et parents. Le népotisme doit disparaître et les nominations doivent obéir à des critères opposables à tous.
Le civisme doit revenir et la culture de la kheïma n’a pas sa place dans les grands centres urbains. Les rattrapages en matière d’infrastructures sont possibles et les différents programmes devraient permettre de pallier beaucoup d’insuffisances mais les erreurs en matière d’éducation et de formation de millions de jeunes Algériens seront difficilement corrigés. Les modèles de réussite sociale et l’absence de savoir-faire poussent la majorité des jeunes à se transformer en commerçants avec en prime une connaissance parfaite de la fraude fiscale.
Très peu ont le désir de se lancer dans la production de biens. La maîtrise des outils de production et la bureaucratie ont achevé tout désir de devenir un investisseur chez la majorité des jeunes qui arrivent sur le marché de l’emploi. L’avenir de l’Algérie par le retour à des valeurs universellement partagées. Les générations actuelles ont l’immense responsabilité de préparer les jeunes à assumer les leurs par un travail bien fait et honnête. «Bien mal acquis ne profite jamais», dit l’adage, mais pas en Algérie, serions nous tenter de rajouter. Une situation qui doit changer tant par la répression que par l’éducation.
Par Amine Echikr - La Tribune, le 5 décembre 2006.
Actualité en Algérie
Toute l'actualite du moment
Forum Algérie Monde - Debats et discussions sur l'Algérie et sur le Monde.